Régime méditerranéen: 30% de risque cardiovasculaire en moins

Le 06 mars 2013 par Romain Loury
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Nouvelle confirmation des bienfaits du régime méditerranéen
Nouvelle confirmation des bienfaits du régime méditerranéen

Le régime de type méditerranéen diminue de 30% le risque de maladies cardiovasculaires par rapport à ceux de type occidental, confirme une grande étude espagnole publiée dans le New England Journal of Medicine (NEJM).

«Le régime traditionnel méditerranéen repose sur une alimentation riche en huile d’olive, fruits et légumes, fruits à coques et céréales; modérée en poisson et volaille; appauvrie en produits laitiers, viande rouge, viande transformée et produits sucrés; et avec du vin consommé de manière modérée lors des repas», rappellent Ramón Estruch, du Centre de recherche biomédicale en physiopathologie de l’obésité et de la nutrition (Barcelone), et ses collègues.

Si peu de doutes subsistaient quant aux bénéfices cardiovasculaires du régime méditerranéen, ceux-ci reposaient principalement sur des études «observationnelles», analysant l’alimentation d’une population donnée. Un type de travaux qui s’exposent aux biais de sélection, et donc au risque de résultats faussés par une multitude de facteurs de confusion difficiles à prendre tous en compte.

L’originalité de cette nouvelle étude, dite «randomisée», réside dans le fait que les 7.447 participants, de profil similaire, ont été répartis en trois groupes: deux devaient se tourner vers un régime méditerranéen (l’un riche en huile d’olive, l’autre avec des fruits à coques), tandis que le troisième («groupe comparateur») n’a eu droit qu’à des conseils nutritionnels afin d’abaisser l’apport lipidique.

Agés de 55 à 80 ans, les participants étaient considérés à risque élevé d’accident cardiovasculaire -infarctus ou accident vasculaire cérébral (AVC)-, mais sans jamais en avoir présenté un avant leur entrée dans l’étude. C’est donc l’efficacité du régime méditerranéen en «prévention primaire», et non en «prévention secondaire», que les chercheurs ont évaluée [1].

Après un suivi médian de près de 5 ans, les deux régimes méditerranéens s’avèrent aussi efficaces l’un que l’autre, avec une baisse de 30% du risque d’infarctus, d’AVC ou de décès d’origine cardiovasculaire par rapport au régime-contrôle. Dans le détail des chiffres, c’est le risque d’AVC qui semble le plus diminué, jusqu’à 46% par rapport au groupe comparateur; les chercheurs ont aussi relevé une tendance positive pour le risque d’infarctus, mais sans atteindre la significativité statistique.

C’est donc une confirmation finale en faveur du régime méditerranéen que l’équipe espagnole apporte avec ces travaux. Outre les précédentes études observationnelles, «de petites études ont montré un effet sur [plusieurs facteurs de risque], tels que les marqueurs d’oxydation, d’inflammation et de fonction endothéliale», qui conditionne le fonctionnement des vaisseaux sanguins, ainsi que sur l’obésité et le diabète, commentent les chercheurs.

«Les résultats de notre étude pourraient en partie expliquer pourquoi les pays méditerranéens présentent une moindre mortalité cardiovasculaire que ceux d’Europe du Nord ou les Etats-Unis», concluent-ils.

[1] L’efficacité en prévention secondaire, à savoir chez des personnes ayant déjà subi un accident cardiovasculaire, a déjà obtenu des résultats positifs lors d’une étude randomisée française, la Lyon Diet Heart Study.



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