Régénérer les solvants avec des gains économiques

Le 17 décembre 2004 par Christine Sévillano
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Le coût d'une régénération des solvants peut représenter entre 50 et 70% du prix des solvants neufs complétés des coûts d'incinération. Le recyclage n'est pas seulement une solution purement environnementale, il s'agit également d'une solution économiquement viable, tout dépend du prix du solvant neuf et du volume utilisé. A terme, peut-être est-ce une alternative pour contourner la hausse des prix des hydrocarbures?

La régénération des solvants, utilisés comme diluants, réactifs ou nettoyants, a un intérêt écologique, mais il est aussi économique pour les industriels. Les prix de ces substances ont connu une augmentation importante depuis le mois de septembre. Sont plus particulièrement concernés par cette hausse le méthyle éthyle cétone (MEK), l'iso propane, le tétra hydro furan (THF) ou l'acétone, surtout utilisés en chimie fine. "Le prix du MEK a doublé en quatre mois! Toutefois cette hausse est conjoncturelle, elle correspond à l'arrêt d'une installation et à la maintenance d'autres usines de production ", explique Yvan Cellier, responsable technico-commercial de Speichim Processing, entreprise de régénération. Le recyclage gagne donc du terrain, d'autant que le prix de la majorité des solvants a progressé en raison de la hausse du baril de pétrole, à partir duquel ils sont fabriqués.

Le coût de l'incinération n'est pas très élevé notamment pour certaines substances pour lesquelles les prix du produit neuf restent attractifs comme le méthanol. "Comme l'achat de méthanol neuf est bon marché, les industriels préfèrent l'incinérer", explique Frédéric Ollivier, ingénieur chez Processium, société de conception de procédés chimiques, basée à Lyon. Pourtant, les rendements de la régénération sont très bons, puisque qu'ils s'élèvent jusqu'à 90% voir plus de 95% sur de gros volumes. Sans compter que le recyclage des solvants coûte entre 50 et 70, voire 80% du prix de solvants neufs ajoutés aux coûts d'incinération, selon Yvan Cellier. "Mais le principal obstacle des industriels de la chimie réside dans l'insuffisance ou l'absence de structures de stockage pour conserver les solvants avant le recyclage. Ils doivent donc investir", poursuit le responsable commercial de Speichim. Pour cette société, 70% du produit de la régénération repart chez le client qui a fournit les solvants alliés à d'autres substances. Le reste est revendu par Speichim à d'autres entreprises qui utilisent ces solvants régénérés. Tous les régénérateurs ne traitent pas l'ensemble des solvants, certains sont spécialistes des peintures ou des solvants utilisés dans l'industrie automobile. Pourtant, si théoriquement tous les solvants sont régénérables, des difficultés techniques peuvent constituer des obstacles. "Des limites existent à la distillation des azéotropes. Nous pouvons tout de même trouver un produit tiers pour extraire le solvant mais les coûts peuvent être dissuasifs en raison de cette dernière substance et du procédé à mettre en place. Il y a donc un calcul à faire", affirme Frédéric Ollivier.

Il reste que selon une étude du groupe pharmaceutique Glaxo Smith Kline, l'impact environnemental de l'incinération du THF est 78 fois plus élevé que celui de la régénération. "C'est un aspect à prendre en compte qui devrait jouer à l'avenir: la production de composés organiques volatils (Cov) reste négligeable avec le recyclage contrairement à une incinération", poursuit Frédéric Ollivier. Sur 600.000 tonnes de solvants utilisés en France chaque année, l'ingénieur de chez Processium estime que seule la moitié est régénérée dont 100.000 tonnes par des professionnels et le reste sur site. Le recyclage pourrait être une option de plus en plus séduisante notamment si les cours du pétrole ne fléchissent pas. Yvan Cellier est moins optimiste sur la progression de la régénération craignant d'être victime des délocalisations: "Nos entreprises clientes subissent des contraintes environnementales fortes en terme de dépollution des sols ou de limitation des Cov. Nous-mêmes, nous devons investir pour répondre à la réglementation et nous devons répercuter l'augmentation des coûts qui s'en suit".




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