Refroidir le climat peut le réchauffer

Le 09 juin 2010 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Certains scientifiques imaginent combattre le réchauffement climatique autrement qu’en réduisant les émissions de gaz à effet de serre (GES). Puisque le climat change, disent-ils, changeons-le à notre tour pour compenser les effets induits par la concentration croissante de GES dans l’atmosphère. C’est ce que l’on appelle, en jargon climatique, la géo-ingénierie.

 

Certains recommandent le lancement de grands miroirs en orbite, pour détourner vers l’espace une partie du rayonnement solaire. D’autres suggèrent de concentrer sur un point de l’atmosphère de fantastiques rayons laser pour « expulser » dans le cosmos le CO2 superflu.

 

Depuis le début des années 1990, John Latham milite pour une solution apparemment moins risquée. Le climatologue britannique propose de construire des centaines de navires électriques télécommandés qui, grâce à un ingénieux système de cheminée, émettraient dans l’atmosphère des aérosols d’eau de mer d’un micromètre de diamètre. Ces minuscules gouttelettes créeraient de gros nuages blancs dont la blancheur repousserait dans l’espace une partie de l’énergie solaire.

 

Très discutée depuis sa publication dans Nature, en 1990, cette proposition est aujourd’hui battue en brèche par Ken Carslaw, de l’Institut du climat et des sciences atmosphériques de Leeds. Dans un article récemment publié dans Atmospheric Chemistry and Physics, cet autre climatologue britannique s’avoue très sceptique quant aux conséquences d’une telle opération de rafraichissement du climat.

 

Après avoir fait tourner ses modèles informatiques, Ken Carslaw montre que l’émission d’aérosols marins dans la basse atmosphère est préjudiciable au climat. D’une part, parce que les conditions aérologiques (le régime des vents, notamment) ne sont pas les mêmes partout. Selon les régions du globe, on produira donc plus ou moins (parfois pas du tout) de nuages artificiels. D’autre part, l’émission d’eau de mer à des altitudes inhabituelles pourrait empêcher la formation de nuages, naturels ceux-là.

 

Bref, à générer moins de nuages que prévu et à empêcher la formation de ceux qui auraient dû naître naturellement, le système Latham pourrait, en fait, contribuer à laisser plus d’énergie solaire frapper la surface de la planète. Et donc à la réchauffer davantage. Une conclusion qui fait froid dans le dos.



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