Réenchanter la transition énergétique

Le 26 juin 2019 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Bruno Duvergé : "ne pas se focaliser sur l'électricité".
Bruno Duvergé : "ne pas se focaliser sur l'électricité".
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Planification non jargonneuse, prise en compte de toutes les énergies et régionalisation sont les secrets d’une transition énergétique harmonieuse, estime un rapport parlementaire, publié ce 26 juin.

C’est un projet de société qui peine à «embarquer» la société. Parce qu’elle va «totalement changer nos modes de vie, notre habitat et la façon de nous chauffer, celle de nous déplacer, ainsi que nos méthodes de travail», la transition énergétique nourrit mains espoirs autant qu’elle inquiète. Ce qui explique, en partie, sa si lente progression.

Neuf mois durant, les députés membres de la mission d’information sur les freins à la transition énergétique ont tenté d’identifier les obstacles à cette transformation et les moyens de les contourner.

documents incompréhensibles

La synthèse de leurs travaux a été publiée, ce 26 juin, dans un épais rapport, présenté par le rapporteur, Bruno Duvergé. Le député du Pas-de-Calais (Modem) déplore, de prime abord, l’inintelligibilité, pour le plus grand nombre, des documents de planification énergétique. «Les références, les échéances de la PPE ne sont pas celles de la SNBC. Il est très difficile de partager cette vision avec la population», se désole-t-il. «Si les Français comprennent bien pourquoi notre pays doit procéder à cette transition, encore faut-il leur décrire le but à atteindre et le chemin pour y parvenir».

L’État peine, il est vrai, à transmettre sa vision de la transition. L’an passé, n’avait-il pas organisé un débat public sur la PPE, sans PPE?

Sensibiliser les Français à «cette affaire du siècle» passe aussi par une extension du domaine du débat: «il ne faut pas se focaliser sur l’électricité qui ne représente que le tiers du sujet. Aujourd’hui, plus de 60% de notre énergie consommée est d’origine fossile. C’est cette part qui doit être progressivement remplacée par un mix énergétique composées des énergies renouvelables issues de la biomasse, du vent, du soleil, de l’eau, et de l’hydrogène. Ces énergies doivent être complémentaires et avoir chacune un rôle spécifique à jouer», rappelle Bruno Duvergé.

régionaliser les appels d'offres

Au plan stratégique, la mission parlementaire recommande de mieux coordonner les politiques européennes, nationales et régionales. Proposition également faite par le Haut conseil pour le climat (HCC) dans son premier rapport, publié ce 26 juin.

Le rapport plaide aussi pour une approche plus décentralisée. Par exemple, en régionalisant les appels d’offres d’énergies renouvelables.

A propos d’énergies renouvelables, les députés militent pour un développement de l’hydroélectricité «en considérant non seulement la production mais aussi la capacité de stockage de l’énergie.» Plus contestable, les rédacteurs se disent favorables à l’abandon de la mise en concurrence des concessions des centrales hydroélectriques. De quoi retendre les discussions avec la Commission européenne.

Moins dissensuel: la méthanisation. Les rapporteurs proposent de remonter à 8 TWh/an l’objectif de production de biogaz, à l’horizon 2023, fixé par le projet de seconde PPE. Ce qui correspond à l’objectif donné par la première PPE.

Les députés insistent aussi sur le développement de l’hydrogène vert. Un vecteur énergétique décarboné dont les coûts de production par électrolyse reste encore 4 fois supérieur à ceux des craqueurs de méthane. Là encore, il faudra sensibiliser.

 



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