«Réduisons vite nos déchets, ça déborde»: une communication efficace?

Le 02 mars 2006 par Ludivine Hamy
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email

Réduire la production de déchets, tel est le nouveau credo de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) et du ministère chargé de l’environnement. Pourtant, même si 90% des Français se déclarent préoccupés par la protection de l'environnement, rien ne permet encore de déterminer l’impact sur les comportements individuels de la campagne de communication déployée en 2005 .

«Réduisons vite nos déchets, ça déborde», ça vous dit quelque chose? Plusieurs spots publicitaires se sont succédé sur les grandes chaînes françaises en 2005 pour prêcher la bonne parole et divulguer les 9 gestes «éco-responsables» permettant de limiter la production de déchets. Or, selon une récente étude commandée par l'Ademe, 43% des personnes interrogées se souviennent spontanément de la campagne. Ce chiffre est positif puisque la moyenne pour ce type de publicité est de l'ordre de 34%. Autre bonne nouvelle: 85% des personnes interrogées trouvent ce type de campagne utile, dont 51% très utile.

Ces résultats encourageants sont pourtant à prendre avec précaution. En effet, une étude Louis Harris, menée en amont de la campagne, révèle que 79% des Français déclarent connaître les gestes visant à réduire la quantité de déchets mais 71% d'entre eux citent des gestes environnementaux non liés à la réduction des déchets. Ainsi, pour une majorité de nos concitoyens, le tri sélectif est associé à la réduction des déchets, alors qu'il n'intervient pas dans le champ de la prévention. Cette donnée est à mettre en perspective avec les 78% des interviewés qui déclarent acheter plus de recharges pour éviter de jeter trop d'emballages et les 72% qui déclarent choisir systématiquement des produits avec moins d'emballages. Des chiffres trop beaux pour être vrais. «Nous sommes conscients que ces statistiques ne représentent certainement pas la réalité des comportements, avoue Michèle Papallardo, présidente de l'Ademe. Pour autant, nous ressentons de vrais progrès dans la sensibilisation des Français à la problématique des déchets.»

En tout cas, une chose est sûre: le degré de sensibilisation n'est pas le même partout en France. Il existe ainsi des clivages importants en fonction de la catégorie socio-professionnelle, de l'âge et de la situation géographique. 93% des interviewés habitant une commune rurale et 98% des professions libérales et cadres supérieurs ont entendu parler de gestes ou d'actions permettant de réduire les déchets ménagers, contre 19% des habitants de l'est du bassin parisien et 21% des ouvriers. De même, les seniors (96% des 65 ans et plus) sont au courant de la problématique des déchets tandis que les jeunes (16% des 25-34 ans) ne s'intéressent pas au sujet.

Devant ce panorama complexe, l'Ademe s'avoue incapable de déterminer pour l'instant l'impact de sa campagne sur la quantité de déchets produits. Pour l'heure, les chiffres officiels sont toujours de l'ordre de 360 kilogrammes par an et pas habitant (chiffres de 2002). «Tout ce que nous pouvons étudier et mesurer, c'est l'évolution des achats d'éco-produits, souligne Michèle Papallardo. Et dans ce cas, l'information donnée au consommateur est déterminante pour l'orientation de son acte d'achat.» Quant au contenu et au poids précis de la poubelle moyenne des Français, il faudra attendre 2007 pour voir les premiers résultats d'une grande étude statistique lancée cette année par le ministère chargé de l'environnement.



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus