Réduisons-nous assez vite les émissions de gaz à effet de serre?

Le 06 novembre 2017 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Chaque année, l'atmosphère s'enrichit d'une quinzaine de miliards de tonnes de CO2.
Chaque année, l'atmosphère s'enrichit d'une quinzaine de miliards de tonnes de CO2.
CDIAC/NOAA/ESRL/GCP

L’humanité ne diminue pas suffisamment vite ses émissions pour stabiliser le réchauffement à 2°C d’ici la fin du siècle. Des progrès ont pourtant été enregistrés depuis 1990.

 

Cataclysmique. Rarement on avait lu un rapport onusien aussi alarmiste. Le 31 octobre, l’ONU Environnement publiait la mouture annuelle de son rapport évaluant l’écart entre les besoins et les perspectives en matière d’émission. Pour les statisticiens de l’ex-Programme des Nations unies pour l’environnement (Pnue), l’humanité doit réduire de 25 à 37% ses émissions de gaz à effet de serre (GES) d’ici 2030 si elle entend encore atteindre les buts fixés par l’Accord de Paris. Au rythme actuel d’émission, plus la peine d’espérer stabiliser le réchauffement à 2°C, voire à 1,5°C d’ici la fin du siècle.

6% par an

Tout en comptant différemment, PricewaterhouseCoopers (PWC) partage ce constat. Dans une étude publiée le 31 octobre, le consultant rappelle que l’atteinte des objectifs fixés par l’Accord de Paris impose de réduire de 6% par an l’intensité carbone de l’économie mondiale[1]: plus du double du taux de décarbonation observé ces trois dernières années.

Chine et Royaume-Uni

De la vingtaine de pays dont PWC a évalué les résultats, seuls la Chine et le Royaume-Uni décarbonisent suffisamment vite leur économie. En réduisant leur consommation de charbon et en améliorant significativement l’efficacité énergétique de leur industrie, Londres et Pékin parviennent à réduire respectivement de 7,7% et de 6,5% leur intensité carbone. Une performance inégalée.

La France mauvaise élève

A contrario, la France a vu progresser son intensité carbone de 0,4% entre 2015 et 2016: le contrecoup des problèmes de sûreté de son parc nucléaire. Durant les 15 premières années du siècle, l’Hexagone allégeai, en moyenne de 2,4% par an le bilan carbone de son économie. Pas terrible.

26 ans de décarbonation. Le pic des émissions françaises a été atteint en 1991, avec 551.000 tonnes, rappelle le WRI. Depuis, les rejets tricolores (hors émissions imputables aux importations) ont diminué de plus de 15%.

Désespérant? Pas tout à fait. Car, si les performances restent insuffisantes, de sérieux progrès ont néanmoins été faits ces dernières années. En 2000, souligne une étude du World Resource Institute (WRI), 33 pays (représentant 18% des rejets mondiaux) avaient réussi à plafonner leurs émissions de GES. Dix ans plus tard, 49 pays (à l’origine de 36% des rejets anthropiques). En 2030, espère le think tank américain, ce seront 57 pays responsables des deux tiers des émissions de GES qui auront cessé d’accroître leurs émissions. Un bon début. 

 

 

 



[1] En 2016, l’économie mondiale a enregistré une croissance de 3,1%, mais n’a accru que de 0,4% ses émissions de GES. Son intensité carbone a donc baissé de 2,6%, un chiffre stable par rapport à 2015.

 



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