Réduisez vos fuites d’ammoniac grâce à l’Ineris

Le 08 septembre 2011 par Geneviève De Lacour
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email

De plus en plus utilisé en réfrigération, l’ammoniac (NH3) remplace les hydrochlorofluorocarbures (HCFC), néfastes pour la couche d’ozone. Ce gaz toxique et inflammable possède de nombreuses applications industrielles, rendant bien réels les risques de fuite.  

Que ce soit pour une installation classée soumise à déclaration ou à autorisation, les fuites éventuelles d’ammoniac en milieu confiné sont toujours prises en compte lors de l’étude de dangers; étude nécessaire pour établir un plan de prévention des risques technologiques (PPRT). En milieu confiné, la présence de nombreux obstacles (murs, tuyauteries…) vient perturber la dispersion de l’ammoniac et donc son piégeage sous forme de flaque.
Raison pour laquelle l’Institut national de l’environnement industriel et des risques (Ineris) a mis au point une chambre d’essai de 80 m2 sur son site de Verneuil-en-Halatte, dans l’Oise, pour améliorer les connaissances sur la dispersion du NH3 liquéfié sous pression. Cette installation permet de faire varier de multiples paramètres lors de la simulation des fuites et d’étudier l’ammoniac sous deux formes: l’une gazeuse et l’autre diphasique, c’est-à-dire lorsque des gouttelettes sont en suspension dans une atmosphère gazeuse. L’Ineris avait déjà réalisé, en 1995, un essai de rejet de NH3 dans un tunnel afin de tester des capteurs, avant d’entamer, deux ans plus tard, une campagne de rejets à grande échelle en champ libre.
 
Quels paramètres les chercheurs de l’Ineris ont-ils fait varier? L’ammoniac a été étudié sous ses formes gazeuse et diphasique puisque les industriels le stockent généralement sous sa forme liquéfiée sous pression où les 2 phases, liquide et gazeuse, cohabitent dans le même réservoir. Autre paramètre évalué, la nature de l’obstacle. Les scientifiques ont essayé de comprendre la manière dont la paroi est capable de piéger le nuage. Enfin, ils ont fait varier le débit de fuite et la distance entre le point de rejet et l’obstacle. Au total, une vingtaine d’essais ont été réalisés entre 2009 et 2011.
Les premiers résultats de cette expérimentation montrent que seuls les rejets diphasiques, rencontrant un obstacle, forment une flaque au sol. Un rejet gazeux ne forme aucune flaque. Pour un même débit de fuite, plus l’obstacle est éloigné de l’orifice de fuite, moins le piège à NH3 fonctionne.
 
«Par exemple, on piège 3 fois plus d’ammoniac dans la rétention lorsque la tôle inoxydable est rapprochée de 1 m à 50 cm de l’orifice de la fuite», commente l’Ineris. Le type d’obstacle joue également un rôle important. Dans les mêmes conditions de fuite, la tôle inoxydable placée à 1 m de l’orifice produit une flaque de 1 kg environ. A même distance, une plaque en béton génère une flaque d’une centaine de grammes seulement.
 
A quoi servent ces essais? L’Ineris estime que «ces premières observations demanderaient à être approfondies par une réflexion conjointe avec les industriels, afin de déterminer à quelles applications pratiques elles pourraient contribuer en termes de sécurité». Différentes pistes sont évoquées comme l’utilisation d’un bardage métallique dans les salles mécaniques ou le positionnement des canalisations, qui permettraient d’optimiser la récupération d’ammoniac sous forme liquide.
 
Autre point important, les données collectées lors de ces expérimentations sont transposables à d’autres installations de gaz liquéfiés comme par exemple les réservoirs de stockage de gaz de type GPL, propane, butane.
 
Et l’Ineris de conclure: «la prise en compte du phénomène de piégeage dans les modèles prédictifs pourrait permettre de mieux calculer les distances d’effets d’une fuite potentielle», et donnerait ainsi la possibilité pour l’exploitant d’une installation classée d’adapter son dispositif de sécurité.
 
En d’autres termes, cela permettrait de changer de classe de PPRT. En réduisant la distance de sécurité autour du site, un industriel pourrait réduire ses dépenses foncières.


A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus