Réduire les émissions de GES des déchets municipaux

Le 29 août 2011 par Célia Fontaine
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Il est possible de diminuer significativement les émissions de gaz à effet de serre (GES) du secteur des déchets municipaux. Un rapport de l’Agence européenne pour l’environnement (AEE) publié le 29 août explique comment l'émission de 78 millions de tonnes[1] d’équivalent CO2 (CO2eq.) pourrait être évitée d’ici 2020 par les 27 pays membres de l’Union européenne[2].
 
La masse de déchets générés par citoyen ne cesse d’augmenter en Europe. De 468 kg de déchets ménagers produit par citoyen et par an en 1995, nous sommes passés à 524 kg en 2008. On risque d’être à 558 kg en 2020 si aucune politique efficace n’est mise en œuvre, estime l’agence.
 
Les déchets biodégradables envoyés en décharge produisent du méthane lorsque les matériaux organiques se décomposent. Si une partie de ce gaz peut être captée et utilisée pour produire de l’énergie, une grande quantité s’échappe dans l’atmosphère, ce qui n’est pas sans effet sur le climat. Le méthane, principal composant du biogaz de décharge, ayant un pouvoir de réchauffement global 25 fois supérieur à celui du CO2.
 
Le rapport de l’AEE se base sur une approche «cycle de vie» pour calculer les émissions des déchets, en y intégrant les émissions directes et indirectes, comme celles imputables au transport. Le calcul prend également en compte les émissions évitées lorsqu’on substitue des déchets à des combustibles fossiles. «Recycler des matériaux issus des déchets municipaux permet d’éviter les émissions qui auraient été générées par l’extraction et le traitement des matières premières. Ces émissions évitées sont plus importantes que les émissions causées par le processus de recyclage», précise l’AEE.
 
Les trois scénarios proposés montrent que les économies potentielles de GES dépendent largement de la manière dont les Etats membres appliquent les politiques européennes en matière de déchets, en particulier la directive sur la mise en décharge des déchets de 1999.
 
L’un de ces scénarios étudie les conséquences de l’interdiction de la mise en décharge. En pareil cas, les émissions pourraient être réduites de 78 millions de tonnes de CO2éq. en 2020, comparé à 2008.
 
Ce qui est encourageant, note l’Agence, c’est de constater que l’Union européenne a recyclé 17% de ses déchets municipaux solides en 1995 et 40% en 2008. Corrélativement, la quantité de déchets mise en décharge est passée de 68% à 40%. «Ces améliorations ont déjà permis de diviser les émissions annuelles nettes de GES de 48 millions de tonnes de CO2éq. entre 1995 et 2008 en Europe», remarque-t-elle.
 
Dans la majorité des pays européens, la plus grande fraction de déchets municipaux solides est constituée de restes de nourriture et de déchets verts. Ce qui représente une opportunité de choix pour réaliser des économies. En 2008, 44 millions de tonnes de matières organiques ont été compostées, ce qui a provoqué l’émission de 1,4 million de tonnes de CO2éq. Si ces matières avaient été soumises à la digestion anaérobie (en l’absence d’oxygène) pour produire du biogaz, l’émission de 2 millions de tonnes de CO2éq. auraient pu être évitée.


[1] soit 1,53% des émissions européennes en 2008
[2] Sauf Chypre, mais y compris la Norvège et la Suisse


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