Réduire les émissions de dioxyde de soufre des navires européens

Le 19 juillet 2011 par Célia Fontaine
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Il est temps de réduire drastiquement les émissions de dioxyde de soufre émises par les navires, estime la Commission européenne dans une proposition présentée le 15 juillet dernier.
 
Aujourd’hui, la teneur en soufre des fiouls lourds qui servent à la propulsion des navires européens peut atteindre 5%. En comparaison, celle des carburants utilisés par les poids lourds ou les voitures particulières ne doit pas dépasser 0,001%.
Responsables de pluies acides et produisant des poussières fines, ces émissions entraînent des maladies respiratoires et cardiovasculaires et peuvent réduire jusqu'à deux ans l'espérance de vie dans l'Union[1]. Or, «les émissions d'origine maritime pourraient être plus importantes que celles provenant de toutes les sources terrestres réunies de l'UE d'ici 2020», prévient la Commission européenne.
 
C’est pourquoi une proposition de directive modifiant une directive de 1999 est proposée afin de réduire les émissions de dioxyde de soufre de près de 90%, et celles des particules fines de près de 80%.
 
Le texte intègre en droit européen les nouvelles normes de l'Organisation maritime internationale (OMI) adoptées il y a trois ans. Plus précisément, «en vertu des mesures proposées, la teneur en soufre maximale autorisée des carburants à usage maritime qui sont utilisés dans des zones sensibles telles que la mer Baltique, la mer du Nord et la Manche sera ramenée de 1,5%, son niveau actuel, à 0,1% à compter du 1er janvier 2015. La teneur en soufre diminuera de façon encore plus radicale dans d'autres zones, où elle passera de 4,5% à 0,5% à compter du 1er janvier 2020», détaille la Commission.
 
Les navires seront autorisés à recourir à des techniques équivalentes telles que des systèmes d'épuration des gaz d'échappement, en remplacement de l'utilisation de carburants à faible teneur en soufre.
 
Cette proposition, très attendue par les ONG, a été saluée par le Bureau européen pour l’environnement (BEE). «Avec un grand nombre de navires utilisant du fuel 3500 fois plus sale que celui utilisé dans les voitures il était temps que l’Europe se saisisse de la question», a souligné Bill Hemmings, de Transports et environnement, dans un communiqué du 18 juillet. 
 
Les associations demandent au législateur européen d’étendre les standards plus strictes de 0,1% a toutes les mers européennes, y compris à la Méditerranée et à la mer noire. Elles estiment également que ces standards devraient s’appliquer également aux bateaux de croisière et autres bateaux à passagers. Enfin, les émissions d’oxyde d’azote devraient également être plus sévèrement contrôlées, «le plus rapidement possible», estime Christer Ågren de l’association AirClim.


[1] Les émissions des navires sont responsables de 50.000 morts prématurées par an en Europe, selon le Centre pour l’énergie, l’environnement et la santé


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