Réduire le risque éolien pour les chauves-souris

Le 08 octobre 2014 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Une éolienne tue de 5 à 50 chauves-souris par an.
Une éolienne tue de 5 à 50 chauves-souris par an.
DR

Comme nombre de hautes structures aériennes, les éoliennes ne sont pas les amies des chauves-souris. Miradors et aérogénérateurs attirent les insectes volants, proies favorites des chiroptères. Mais à la différence des tours de guet, les pales des turbines trucident allégrement grands murins (Myotis myotis), noctules et autre molosse de Cestoni (Tadarida teniotis). Reste à savoir combien.

100.000 animaux par an

Une question à laquelle les spécialistes peinent à répondre. «On a beaucoup de mal à évaluer les populations globales de chauves-souris et plus encore leur mortalité. Cela étant, on peut estimer qu’en France une éolienne tue de 5 à 50 bêtes par an», explique Jean-François Julien. Soit une centaine de milliers de bêtes par an dans tout l’Hexagone. «Le chiffre est impressionnant, confirme le chiroptèrologue au Muséum national d’histoire naturelle de Paris (MNHN), mais il est moins important que ceux des collisions avec les voitures, des prélèvements effectués par les chats ou des effets directs ou indirects des grandes cultures.»

1.000 vidéos

Dirigée par Paul Cryan (service géologique américain, USGS), une équipe de chercheurs américains a évalué les dommages causés par une ferme éolienne sur les mammifères volants. Durant l’été et l’automne 2012, les scientifiques ont équipé trois turbines de l’Indiana de caméras et de systèmes de détection radars et thermiques, non seulement pour évaluer le nombre de chauves-souris évoluant à proximité des aérogénérateurs, mais aussi pour quantifier le nombre de collisions.

Publié fin septembre par les Compte rendus de l’académie américaine des sciences (Pnas), leur article apporte quelques éclairages intéressants pour les protecteurs des chiroptères. Sur les 3 à 4 millions de mouvements d’animaux volants recensés par radar durant les trois mois de l’expérience, un millier de vidéos de chauves-souris furent prises à proximité des pales. Mais seuls 12 cadavres furent récupérés par les scientifiques.

Des turbines violettes?

Faute d’avoir pu observer ou filmer des collisions, les scientifiques ne peuvent préciser les conditions les plus accidentogènes. Ils suggèrent toutefois des méthodes pour réduire les risques de collision. «Les périodes les plus à risque semblent être les nuits très claires, à vent faible, durant les périodes de migration», précise Jean-François Julien. Certains spécialistes préconisent ainsi de peindre mâts et turbines en un genre de violet que distingueraient les chauves-souris. Une solution permise par la réglementation en vigueur.

Arrêter les machines par vent faible

Certains scientifiques suggèrent de brouiller les sonars des animaux volants. «Cela ne me paraît pas pertinent. D’une part, parce que l’on ne sait pas très bien ce qui perturbe leur radar, indique Jean-François Julien. D’autre part, leur système de détection par ultrasons à une portée réduite. Le brouiller pourrait causer plus de victimes que cela n’en éviterait.» Reste l’arrêt des éoliennes. «Cette solution n’a rien d’aberrante. Les chauves-souris préfèrent les nuits à vent faible, période durant laquelle les turbines produisent peu. En arrêtant les turbines aux moments les plus critiques, on peut réduire de 50 à 80% les risques d’accident, tout en occasionnant une perte de production inférieure au pourcent», estime Jean-François Julien.

 



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