Réduction des pesticides: des acteurs peu mobilisés?

Le 09 avril 2011 par Célia Fontaine
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Du 20 au 30 mars se tient la semaine pour les alternatives aux pesticides, organisée par Générations futures en partenariat avec de nombreuses associations et collectivités.

Avec une consommation annuelle de 76.000, la France est le premier consommateur européen de ces substances[1]. Des agriculteurs aux fabricants/distributeurs de pesticides, en passant par les consommateurs désireux d’acheter des fruits et légumes «esthétiques», nombreux sont les maillons qui contribuent à cette situation.

«Appauvrissement des sols, pollution des eaux et de l’air, déséquilibre des écosystèmes, risque accru de développer certaines maladies graves (cancer, Parkinson, etc.)», les ONG listent les dommages «considérables, parfois irréversibles», liés à l’utilisation des pesticides.

Dans un communiqué du 21 mars, France nature environnement (FNE) profite de l’événement pour revenir sur l’état d’avancement du plan Ecophyto 2018. Lancé en 2008 dans la dynamique du Grenelle, ce dernier vise à réduire de 50% l’usage des pesticides en 10 ans (d’ici 2018), grâce à un engagement volontaire des différentes parties prenantes. Il ne comporte donc pas de mesures contraignantes.

La fédération estime que certains maillons de la chaîne ne se mobilisent pas suffisamment: «De nombreux acteurs, en particulier les industriels, les coopératives, les représentants de la profession agricole et même les services de l’Etat, revoient à la baisse les objectifs du plan: de moins 50%, l’objectif devient souvent moins 30%. Nous demandons un engagement fort et clair des représentants de l’Etat et des conseils régionaux dans la démarche», déclare Claudine Joly, spécialiste des pesticides à FNE. Si le rapport annuel prévu par la loi Grenelle I ne fait apparaître aucun progrès dans les toutes prochaines années, «nous exigerions des mesures contraignantes, comme la taxation dissuasive des pesticides», estime pour sa part Jean-Claude Bévillard, responsable des questions agricoles à FNE.

La semaine consacrée au sujet a pour objectif de mettre en avant les alternatives efficaces à l’utilisation des pesticides. Générations futures souligne l’intérêt du récent rapport «Agroécologie et droit à l'alimentation» d’Olivier De Schutter, rapporteur spécial des Nations unies pour le droit à l'alimentation: des projets récents menés dans 20 pays africains montrent que l’agroécologie, qui n’est autre que l’agriculture bio, a permis «un doublement des rendements des cultures sur une période de 3 à 10 ans». Outre l’agriculture bio, la production intégrée pour la réduction de l’usage des pesticides est également à privilégier. Ce modèle agricole issu de méthodes agronomiques biologiques n’utilise les pesticides chimiques que lorsque leur usage s’avère nécessaire.



[1] L'Europe consomme 400.000 tonnes de pesticides chaque année



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