Réduction des déchets: l’argument économique entre en scène

Le 27 juin 2007 par Claire Avignon
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Au rythme actuel, le plan national de prévention des déchets n’atteindra que 15% de son objectif d’ici 2010. L’Ademe et le ministère chargé de l’environnement veulent accélérer le rythme. Tout en continuant à miser sur la sensibilisation, ils vont renforcer la communication sur les achats «écologiques» qu'ils veulent également présenter comme économiques.

La semaine dernière, le colloque de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) sur les déchets a été l'occasion pour l'agence et son ministère de tutelle de faire un bilan, à mi-parcours, du plan national de prévention des déchets lancé en 2004 par Roselyne Bachelot. Le plan avait d'abord prévu de stabiliser la production de déchets d'ici 2008. Puis, en 2005, Nelly Olin est allée plus loin: elle a fixé un objectif de 200 kilogrammes par habitant et par an (kg/hab/an) de déchets mis en décharge ou incinérés en 2015, contre 290 à cette époque (1).

Or, l'objectif intermédiaire d'atteindre 250 kg/hab/an d'ici 2010 semble en mauvaise voie. «A ce rythme, nous n'atteindrons que 15% de notre cible», a estimé Michèle Pappalardo, présidente de l'Ademe, lors du colloque. Un échec? L'Ademe et le ministère en charge de l'environnement ont tenté de présenter sous un autre jour ces résultats décevants.

Car les économies sont bien à portée de main. «Nous estimons à 70 kg/hab/an le potentiel de réduction des déchets liés aux 10 «gestes simples» mis en avant dans la campagne ‘Réduisons vite nos déchets, ça déborde'», indique Vincent Geffroy, du ministère chargé de l'environnement. 10 gestes tels le choix de produits en vrac, la limitation de l'utilisation des produits jetables, ou la consommation d'eau du robinet plutôt que l'eau en bouteille.

Malgré des premiers résultats décevants, l'Ademe et le ministère gardent donc bon espoir. Depuis octobre 2005 et jusqu'à octobre 2007 a lieu la campagne de sensibilisation du grand public, avec «une bonne réception du message», selon Vincent Geffroy. Désormais, les pouvoirs publics vont davantage cibler les entreprises via une campagne dans la presse spécialisée. Michèle Pappalardo prévient: «Les industriels et les distributeurs devront rapidement modifier leur offre».

L'Ademe veut aussi communiquer plus spécifiquement dans les supermarchés, lieu de contact entre les producteurs et les consommateurs. Déjà, France Nature environnement (FNE) et l'association de consommateurs CLCV ont mené des actions dans ces lieux de vente pour sensibiliser les acheteurs aux biens moins emballés et plus écologiques.

Désormais, l'Ademe leur apportera sa caution grâce une étude dont les tous premiers résultats ont été présentés lors du colloque. L'agence a comparé 5 chariots composés de 150 produits de consommation courante: 2 chariots pour une personne avec des biens peu emballés («minidéchets»), ou suremballés («maxidéchets»), 2 chariots calculés sur le même mode mais pour 4 personnes, et un dernier «chariot moyen» pour 2,3 personnes.

Résultat: sur une année, le chariot «minidéchets» pour une personne produit 50 kilogrammes (kg) de déchets contre 100 kg pour le chariot «maxi déchets». L'ordre de grandeur est le même en ce qui concerne la différence entre le chariot «minidéchets» de 4 personnes et le «maxidéchets»: 203 kg/an contre 391 kg/an. Mieux: la personne écolo économise 74 euros par mois, le foyer de 4 personnes 167 euros par mois par rapport à leur pendant polluant. L'argument économique saura-t-il remporter les suffrages? Réponse en 2010.



(1) Sur un total de 360 kg/an/hab produits




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