Réduction de l’usage des pesticides: l’Europe peut mieux faire

Le 12 octobre 2017 par Valéry Laramée de Tannenberg
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L'Espagne accorde encore de nombreuses dérogations à l'épandage aérien.
L'Espagne accorde encore de nombreuses dérogations à l'épandage aérien.
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La commission a publié, jeudi, un audit de l’application de la directive «pesticides» de 2009. Verdict: les Etats membres n'en font qu'à leur tête.

 

Voilà un rapport qui tombe à pic. Au moment où le président Macron lançait le second étage de la fusée des Etats généraux de l’agriculture, Bruxelles appelait à améliorer l’usage des pesticides par les agriculteurs.

La directive du 21 octobre 2009 concernant une utilisation des pesticides compatible avec le développement durable impose aux 28 Etats membres d’engager certaines actions pour réduire l’utilisation immodérée des produits phytosanitaires. Ceci afin de protéger la santé des exploitants agricoles et des riverains des plantations et de réduire la pollution des terres et des eaux.

Ecophyto

Principale action: l’adoption de plans d’action nationaux (PAN) qui devaient contenir des objectifs quantitatifs, des cibles, des mesures, et des calendriers de réduction d’utilisation. C’est dans ce cadre que la France a inscrit son fameux programme Ecophyto.

Dans un rapport publié mercredi 11 octobre, la Commission se montre relativement peu satisfaite de la mise en œuvre de la directive Pesticides. Certes, la plupart des PAN ont été établis, souvent avec retard (la limite fixée était novembre 2012), mais ils restent très incomplets.

Un satisfecit est décerné par Bruxelles aux parties peu engageantes des PAN: essai du matériel d’application des pesticides (pulvérisateurs), formation des agriculteurs. En revanche, rien ne va plus en ce qui concerne les chapitres plus contraignants pour le système agricole: épandage aérien, recensement des empoisonnements. Dans ce dernier cas, certains pays, comme la Suède, confondent la demande de renseignements et intoxications réelles. Seuls 4 pays recensent les cas d’empoisonnement chronique.

Pas d’évaluation de mesures

Les auditeurs de la Commission pestent contre l’absence quasi systématique de cibles et de calendrier pour la mise en œuvre des mesures visant à protéger le milieu aquatique des écoulements de ‘phytos’. «Dans ce domaine, la France est la seule à ne pas avoir défini de mesures.» Les politiques nationales font aussi souvent l’impasse sur l’évaluation des mesures annoncées, comme la mise en place de la lutte intégrée contre les ravageurs: «Dans près de 80% des cas, les plans d’action ne précisent pas comment la réalisation des objectifs sera mesurée.»

Glyphosate. Malgré les cris d’orfraie du gouvernement français, la Commission européenne a de nouveau accepter de proposer la ré-autorisation pour 10 ans du glyphosate au cours de la prochaine réunion du comité permanent de la chaîne alimentaire et de la santé animale (Scopaff), le 25 novembre prochain.

La directive européenne impose une inspection des pulvérisateurs pour vérifier leur conformité à la norme ISO 16122. Si 24 pays se sont engagés dans cette démarche, seule la moitié des ‘pulvés’ ont effectivement été contrôlés.

Interdit en principe, l’épandage est néanmoins possible, lorsque les autorités nationales accordent des dérogations. En 2014 et 2015, 14 Etats (dont la France) ont autorisé des pulvérisations de cultures par avion ou hélicoptère. Une mention spéciale à l’Espagne et la Hongrie dont les surfaces traitées par l’air représentent 95% des dérogations communautaires, soit 427.000 hectares.

Last but not least, les plans nationaux doivent être révisés au plus tard tous les 5 ans. A ce jour, seule la France et la Lituanie ont publié leur PAN n°2.

 



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