Recycler les déchets du second œuvre: un projet collectif

Le 29 septembre 2016 par Stéphanie Senet
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80% des déchets du second oeuvre pourraient être recyclés contre 30% aujourd'hui
80% des déchets du second oeuvre pourraient être recyclés contre 30% aujourd'hui

80% des déchets du second œuvre du bâtiment pourraient être recyclés sans surcoût si tous les acteurs de la filière agissaient de concert, conclut le projet Démoclès, mené pendant 18 mois dans l’Hexagone.

 

Briques, carrelage, mobilier sanitaire, plâtre, plafonds… Aujourd’hui, seulement 30% des déchets du second œuvre sont valorisés, rappelle Hervé Grimaud, directeur général de Récylum[1], à l’origine du projet Démoclès, lancé le 19 novembre 2014. La directive-cadre sur les déchets de 2008 impose pourtant le double, soit 70% de valorisation pour l’ensemble des déchets de la construction et de la démolition en 2020, tout comme la loi tricolore sur la transition énergétique. Un objectif réaliste puisque ces résidus comportent peu de matières dangereuses (5%) mais surtout des inertes (48%) et des déchets non dangereux (47%). «Sur 24 catégories de déchets, 15 peuvent être directement recyclées», souligne Hervé Grimaud.

 

Une responsabilité collégiale

 

Pour passer de 3,5 millions de tonnes à 10 Mt de déchets collectés par an, il suffirait de quelques ajustements soulignés par le bilan du projet Démoclès, publié ce 29 septembre. A commencer par clarifier les responsabilités de chaque acteur. Au maître d’ouvrage, la tâche de caractériser les déchets à venir. Au maître d’œuvre, celle de choisir la bonne filière. A l’entreprise de travaux, de veiller à l’opération et au gestionnaire de déchets, de garantir leur traçabilité.

 

Des outils efficaces

 

Autre conclusion du projet, qui réunit 40 partenaires[2] et s’appuie sur 19 chantiers-tests situés en Ile-de-France et en Rhône-Alpes: des outils existent, il faut les utiliser! Hervé Grimaud cite notamment le schéma d’organisation et de gestion des déchets (Soged) ou encore le diagnostic déchet, «trop souvent effectué à la va-vite» alors qu’il est obligatoire pour la démolition de surfaces supérieures à 1.000 mètres carrés.

 

Un conditionnement spécifique

 

Enfin, le mélange des déchets doit être banni. «Il est incompatible avec le recyclage des déchets du second œuvre», souligne le directeur général de Récylum. Avec le mercure qu’ils renferment, les tubes fluorescents peuvent contaminer le contenu de la benne. Même chose pour le verre plat, qui une fois brisé s’incruste dans les autres matériaux.

Au total, il suffirait de conditionner séparément 10 types de déchets pour permettre une valorisation optimale de l’ensemble du chantier de démolition et de réhabilitation. Soit une attention particulière pour les équipements électriques, les lampes et tubes fluorescents, les moquettes en dalle, les ouvrants, le plâtre, le plâtre avec complexe isolant, le PVC rigide, le PVC souple et le verre plat.

 



[1] Récylum est un éco-organisme en charge de la collecte et du traitement des lampes usagées

[2] des maître d’œuvre et d’ouvrage (l’AMF, la région Ile-de-France ou Auvergne-Rhône-Alpes…), des entreprises du bâtiment, des gestionnaires des déchets (Veolia, Paprec), des industriels (Saint-Gobain, Veka) et des pouvoirs publics (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie -Ademe- et ministère de l’écologie)

 



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