Recyclage des plastiques: la France fait de la résistance

Le 11 janvier 2018 par Stéphanie Senet
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22% seulement des déchets plastique sont recyclés dans l'Hexagone
22% seulement des déchets plastique sont recyclés dans l'Hexagone

Si le recyclage des plastiques progresse en Europe, la France reste à la traîne avec l’un des taux les plus bas (22,2%). Difficile d’imaginer 100% de plastiques recyclés en 2025, selon la fédération Plastics Europe.

 

C’est une première en Europe. Le taux de recyclage des plastiques (31,1%) a dépassé en 2016 celui de la mise en décharge. C’est le résultat d’une forte évolution du paysage du traitement, qui a vu l’enfouissement décliner de 43% (en tonnages) et le recyclage bondir de 79% au cours des 10 dernières années, notamment grâce à l’entrée en vigueur de la directive-cadre sur les déchets de 2008. Ces chiffres, présentés par Plastics Europe ce 11 janvier, ne proviennent pas d’Eurostat mais du cabinet allemand Conversio Market & Strategy GmbH.

La Norvège en tête

Les pays les plus avancés en matière de recyclage sont la Norvège (43,1%), la Suède (40,6%), l’Allemagne (38,6%), l’Irlande (38,4%) et la République tchèque (38,1%). La France arrive très loin derrière.

Mini-plan britannique / Le Royaume-Uni a annoncé ce 11 janvier un nouveau plan visant à généraliser les sacs plastique payants. Aujourd’hui, la taxe de 5 pence (environ 6 centimes d’euro) n’est appliquée qu’aux grandes surfaces. La Première ministre Theresa May a affirmé vouloir éradiquer tout déchet superflu d’ici fin 2042, mais Greenpeace estime que la mesure n’est pas à la hauteur de l’enjeu. Récemment étudié, le système de consigne des bouteilles en plastique, par exemple, n’a pas été retenu dans la stratégie gouvernementale. Gros exportateur de déchets plastique, le Royaume-Uni pourrait être touché de plein fouet par l’interdiction chinoise et voir son taux d’enfouissement grimper.

Avec un taux de valorisation matière de 22,2%, elle se situe à la 25e place sur 28! Pire, la mise en décharge y est encore supérieure (34,3%), contrairement à la moyenne dans l’UE. De quoi douter (une nouvelle fois) d’atteindre 100% de plastiques recyclés en 2025, comme le vise la feuille de route nationale sur l’économie circulaire attendue en mars.

Entre 2006 et 2016, les changements, il est vrai, ont été peu marqués dans l’Hexagone. L’enfouissement n’a baissé que de 2% en moyenne par an, et le recyclage n’a progressé que de 4%. «Les dispositions politiques ont été prises tardivement, notamment avec la loi sur la transition énergétique, et ses effets ne sont pas encore visibles», explique la fédération des producteurs de plastiques. «Il est peu envisageable que la France atteigne un taux de recyclage de 100% en 2025. Il faut avant tout viser 100% de valorisation énergétique et 100% de collecte», a affirmé Hervé Millet, directeur des affaires techniques et règlementaires de Plastics Europe pour l’Europe de l’Ouest.

Les pays les plus performants en matière de recyclage ont pris des mesures pour restreindre la mise en décharge, comme la Finlande en 2016 qui a interdit tout enfouissement de déchets plastique. En France, la taxe générale sur les activités polluantes appliquée aux décharges reste trop faible pour être dissuasive.

De gros producteurs

Si l’Allemagne est dans le peloton de tête du recyclage, elle reste toutefois le plus gros producteur de déchets plastique (18,7% de la production de l’UE), devant le Royaume-Uni (13,9%), l’Italie et la France (12,6%), ainsi que l’Espagne (8,5%).

Côté secteurs, l’emballage reste sans surprise le plus gros émetteur européen de déchets plastique (62%). Le secteur de la construction n’en représente qu’environ 6%, comme les déchets électriques et électroniques.

Actuellement, l’UE recycle en moyenne 40,8% de ses déchets d’emballages plastique. Le nouveau paquet Economie circulaire vise, pour mémoire, d’atteindre un taux de 50% en 2025 et de 55% en 2030.

Interrogé par le JDLE sur la future taxe sur les plastiques dans l’UE annoncée le 10 janvier par la Commission, Hervé Millet a répondu: «Si c’est pour combler un trou budgétaire, pourquoi ne pas taxer tous les matériaux?». «Plus on utilise du plastique et plus ses bénéfices environnementaux sont importants. Taxer des produits bons pour l’environnement, ce n’est pas une bonne idée», a-t-il ajouté, sans évoquer l’immense pollution des océans par les micro-plastiques.

 



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