Recyclage des DEEE: encore des insuffisances

Le 06 décembre 2005 par Christine Sévillano
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
DEEE
DEEE

Lors du Salon Pollutec, une conférence à l'initiative de la Fédération de la récupération, du recyclage et de la valorisation (Federec) a permis de faire le point sur l'avancement des technologies de la profession du recyclage pour traiter les DEEE et il semble que des installations vont manquer pour certains appareils.

Lors du Salon Pollutec, Yves Blanchoz directeur industriel de l'entreprise Valdelec, est revenu sur les différentes technologies de traitement des déchets d'équipements électriques et électroniques (DEEE) ménagers, soulignant que la France manquait encore d'installations pour certaines catégories d'appareils. Le gros électroménager froid manque d'installations pour répondre aux exigences de recyclage du décret, notamment des équipements capables de traiter les CFC, fluide utilisé jusqu'en 1995 dans les réfrigérateurs et nuisible à la couche d'ozone. «Le problème se situe surtout au niveau du CFC contenu dans les mousses de polyuréthane isolant, qui représentent les 2 tiers du fluide des appareils», explique Yves Blanchoz. Le tiers restant est déjà récupéré en France, puisque les réfrigérateurs sont actuellement traités pour recycler plus particulièrement leur ferraille à l'aide d'un broyeur VHU (1). Les installations de récupération du CFC dans les mousses existent déjà dans d'autres pays, la France devrait donc bientôt s'en doter.
Rappelons que les gros appareils électroménagers, selon le décret du 23 novembre 2005, doivent se conformer à un taux de valorisation de 80% au moins et à un taux de recyclage et de réutilisation de 75% au minimum. «Aujourd'hui, les réfrigérateurs sont fabriqués avec du pentane, il faut donc nous préparer et nous adapter aux contraintes des nouveaux équipements, même si nous pensons collecter des appareils avec du CFC encore pendant 5 à 7 ans», assure Yves Blanchoz. Pour les autres appareils électroménagers, les dispositifs actuels de la profession ne permettent pas de respecter complètement ces taux. «Mais cela semble réalisable grâce à une technique de récupération des composants toxiques comme les condensateurs, et à la possibilité de mieux valoriser les résidus de broyage sans forcément réaliser d'importants investissements. En fait, il nous faut une approche plus industrielle du traitement des DEEE», poursuit le directeur commercial.
Autre mise à niveau à effectuer en France: le recyclage des petits appareils en mélange dits Pam, qui comprennent des équipements très divers comme des aspirateurs, des robots mixeurs, des brosses à dents électriques ou des sèche-cheveux. Les solutions actuellement mises en œuvre ne permettent pas d'atteindre les taux de recyclage réglementaires de 70 à 50% selon le poids moyen par appareil. Après un pré-traitement manuel, ils sont envoyés dans un broyeur VHU, dans un incinérateur ou dans un centre de stockage de déchets ultimes. Mais d'ici quelques mois, des installations de traitement automatisées devraient être mises en place: après un déchiquetage pour créer des morceaux de 15 par 15 centimètres, un tri manuel s'effectue pour retirer les composants toxiques. Les morceaux sont ensuite broyés une première fois avant une détection automatique et le retrait de certaines matières plastiques. Ils sont broyés une seconde fois avant une séparation des autres matières plastiques, ferreuses et non ferreuses.
Pour les écrans, la profession ne devrait pas avoir à assumer d'importants changements de technologie. Le démantèlement manuel qui permet le retrait des composants toxiques est conforme à l'annexe 2 du décret sur les DEEE et les sites existants devraient pouvoir faire face à la hausse engendrée par la réglementation. Deux processus de traitement des tubes cathodiques permettent la séparation des 2 types de verre qui sont récupérés pour fabriquer de nouveaux écrans. «Toutefois, la filière reste fragile, et on a besoin d'autres débouchés puisqu'un basculement s'est opéré en faveur des écrans plats. A noter qu'aujourd'hui, il n'existe pas de filière pour traiter les écrans LCD», souligne Yves Blanchoz. Il remarque tout de même le développement de nouvelles technologies dans la télévision avec de petits tubes. L'industrie du recyclage disposerait en tout cas des capacités suffisantes pour faire face à une hausse du flux des DEEE.

(1) Appareil utilisé dans le recyclage des pièces des véhicules hors d'usage.


A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus