Récupérer les eaux pluviales: une idée en vogue

Le 23 février 2005 par Christine Sévillano
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Pluie
Pluie

Vouloir récupérer la pluie pour la recycler dans les activités humaines est une idée de toutes les époques. Mais entre augmentation des prix de l'eau des nappes phréatiques, poussée des aspirations écologiques et démarche HQE, le passage à la pratique devient de plus en plus fréquent même s'il reste en général cantonné à des projets immobiliers.

Récupérer les eaux de pluie n'est pas une idée nouvelle, mais c'est une technique de plus en plus utilisée, en particulier pour des raisons économiques. Le prix de l'eau augmente alors même qu'un tiers de la consommation est destiné à des usages non alimentaires comme l'arrosage des jardins ou l'évacuation des sanitaires. "En outre, dans la démarche Haute qualité environnementale (HQE) de construction des bâtiments, recycler l'eau de pluie est considéré comme une solution pour bien gérer les eaux", explique Bernard de Gouvello, animateur du pôle eau au Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB).

"L'eau va coûter de plus en plus cher. On estime déjà qu'elle prend 8% en moyenne par an, soit le double de l'augmentation du coût de la vie. Et pour un investissement d'environ 5.000 euros, un foyer moyen peut économiser jusque 53% sur sa facture d'eau", estime Loïc Gouzien, directeur administratif et financier de Skywater, fournisseur de solutions de récupération des eaux de pluie basé à Reims (Marne). Cette PME propose des cuves adaptées aux bâtiments reliés à des capteurs répartis sur le site. Un filtrage et une stérilisation des eaux permettent ensuite une utilisation non alimentaire.

La récupération des eaux s'effectue actuellement à l'échelle d'un bâtiment, voire d'un lotissement donné, mais pas d'une collectivité locale. "Pourtant il s'agit d'une bonne approche de la gestion des eaux pluviales: elles s'accumulent moins dans les réseaux d'évacuation dont on a du mal à calculer les besoins en capacités étant donné la croissance des villes et les effets du réchauffement climatique", poursuit Bernard de Gouvello. Par conséquent, récupérer les eaux de pluie pourrait être une technique alternative pensée de la même manière que la construction d'un bassin ou d'une chaussée poreuse. En somme, il s'agit de procédés qui permettent une évacuation des eaux plus lente et plus digeste pour des réseaux urbains souvent saturés. Chez Skywater, on veut toucher les collectivités, mais surtout les industriels qui représentent 50% des 300 projets en cours de réflexion. "Ils ont besoin de beaucoup d'eau, et nous leur proposons d'alléger leur facture. L'installation peut coûter entre 15.000 à 30.000 euros avec un retour sur investissement de 5 à 7 ans selon le niveau de la consommation et la surface de captage", affirme Loïc Gouzien.

Selon le recensement effectué par le CSTB, les projets de récupération au sein des bâtiments collectifs de logements se sont développés ces dernières années: une centaine a été comptabilisée, dont la moitié a été réalisée et l'autre est en cours de construction. "Cette tendance traduit une dynamique, même si elle apparaît encore modeste. Il faut remarquer qu'il est plus facile de mettre en oeuvre le recyclage des eaux de pluie sur des projets neufs que sur des constructions anciennes", affirme l'ingénieur du CSTB. Le bilan des premiers retours d'expérience est toutefois mitigé. La gestion des eaux pluviales peut se retrouver freinée par un manque de communication entre le concepteur du bâtiment et le gestionnaire de l'immeuble, ce dernier peut alors connaître des difficultés dans la mise en oeuvre quotidienne du recyclage. De plus, l'aspect sectoriel du domaine de la construction n'est pas optimal: les plombiers comme les couvreurs sont appelés à réaliser une partie du projet, mais le font souvent séparément.

Une autre question reste en suspens: les risques sanitaires. Ils sont envisageables dans les logements quand coexistent les deux réseaux, le traditionnel où la qualité optimale permet une consommation alimentaire et celui de récupération des eaux de pluie. Il faut alors éviter les connexions accidentelles entre les canalisations qui peuvent se produire si, par exemple, un propriétaire veut ajouter un lavabo dans les toilettes et qu'il utilise le branchement de la chasse d'eau. "Notre objectif est d'élaborer des recommandations techniques à partir de la connaissance des usages possibles et la diversité des bâtiments pour éviter ce genre d'écueils", conclut Bernard de Gouvello.




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