Recherche président pour le Haut conseil des biotechnologies

Le 05 janvier 2009 par Sonia Pignet
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Le Haut conseil des biotechnologies, né de la loi relative aux OGM de juin 2008, n’a toujours pas de président. Jean-Luc Darlix, dont la candidature était présentée par le Meeddat, n’a satisfait ni les sénateurs ni les députés.

Auditionné une première fois le 16 décembre, il n’a pas su convaincre les 8 sénateurs de la Commission des affaires économiques, et sa nomination a obtenu un avis défavorable. Ses compétences en virologie n’ont pas été mises en doute (Jean-Luc Darlix est directeur d’un laboratoire de l'unité de virologie humaine commun à l'Inserm et à l’Ecole normale supérieure de Lyon), mais sa vision de l’organisation et du rôle du futur Haut conseil a déplu. «Contrairement à ce qu’a indiqué Jean-Luc Darlix, les deux comités au sein du Haut conseil des biotechnologies ont des vocations tout à fait distinctes et il n’est nullement question d'opérer une quelconque synthèse entre leurs travaux. En effet, le comité scientifique a pour mission de rendre un avis sur la dangerosité des organismes en se fondant sur les connaissances disponibles et sans intégrer d'autres considérations. Quant au comité économique, éthique et social, il a pour mission très différente d'adresser des recommandations aux ministères compétents, en prenant en considération les avantages et les inconvénients que présenterait telle ou telle pratique impliquant des organismes génétiquement modifiés», a tenu à rappeler le sénateur Jean Bizet suite aux propos de Jean-Luc Darlix sur le sujet. Le sénateur s’est également interrogé sur son degré d’indépendance par rapport au Meeddat.

Le lendemain, 35 des 37 députés membres de la Commission des affaires économiques, de l’environnement et du territoire de l’Assemblée nationale ont également retoqué sa candidature. Les mêmes objections ont été soulevées par les députés. Concernant sa vision du rôle du président du Haut conseil, Jean-Luc Darlix a expliqué: «Il faudra que les deux comités se réunissent pour débattre. J’essaierai de faire la synthèse des recommandations et des avis, et s’il faut trancher, je le ferai. Si les points de vue sont trop divergents, je ferai appel à des avis extérieurs». Une déclaration immédiatement relevée par le président de séance Patrick Ollier, qui a rappelé que l’avis du Haut conseil des biotechnologies est composé de l’avis du comité scientifique et des recommandations du comité éthique, économique et social, et qu’il n’y a pas lieu de faire de synthèse ni de trancher: «Le président du Haut conseil n’a pas à se substituer aux comités dont le rôle est clairement établi par la loi».

Bien que consultatifs, ces avis très nettement négatifs rendent la nomination de Jean-Luc Darlix improbable. Les ministères chargés de l’environnement, de la recherche, de la santé et de l’agriculture, responsables de trouver un candidat qui aura aussi l’aval de Matignon, vont devoir partir à la recherche de nouveaux candidats. Il doit s’agir d’un scientifique, connaissant bien la problématique des OGM, mais qui ne peut être taxé ni de pro ni d’anti-OGM, et qui accepte ce poste délicat pour une durée de 5 ans. Les décisions vont donc devoir attendre.


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