Réchauffement: un vent mauvais souffle sur l’upwelling

Le 19 février 2015 par Romain Loury
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L'upwelling dans le monde (en rouge)
L'upwelling dans le monde (en rouge)
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Avec le réchauffement climatique, le phénomène marin d’«upwelling», remontée d’eaux profondes accompagnée d’un accroissement des stocks de poissons, pourrait s’accentuer. Et pas forcément au bénéfice des écosystèmes, comme le suggère une étude publiée mercredi 18 février dans Nature.

Liées à des vents océaniques, ces remontées d’eau froide surviennent principalement dans quatre grandes zones: la côte sud-ouest de l’Afrique, le littoral chilien et péruvien, la côte nord-ouest de l’Afrique et les côtes  de Californie.

Bien qu’ils ne touchent que 2% de la surface marine mondiale, ces 4 courants de Benguela, de Humboldt, des Canaries et de Californie expliquent 7% de la production primaire marine [1], et 20% des captures de pêche. Or avec les changements climatiques, le phénomène d’upwelling pourrait évoluer dans un sens peu propice à la vie marine, révèle l’étude de modélisation conduite par l’équipe d’Auroop Ganguly, de la Northeastern University de Boston (Massachusetts).

Une uniformisation nord-sud

Du fait des changements climatiques, la surface terrestre va se réchauffer plus vite que les couches superficielles de l’océan. D’où un plus grand gradient de température, et donc de plus forts vents marins, lesquels renforceront l’upwelling. Mais pas de manière uniforme: selon les chercheurs, l’upwelling évoluera plus fortement aux latitudes élevées des deux hémisphères

Il devrait s’y étendre de plusieurs jours par décennie d’ici à 2100, débutant encore plus tôt au printemps, s’achevant plus tard en automne. L’évolution sera en revanche bien moins marquée près de l’équateur. Résultat: au sein d’une même zone d’upwelling, celui-ci devrait connaître une homogénéisation nord-sud, en durée mais aussi en intensité.

Seule exception, le courant de Californie ne devrait pas connaître d’évolution notable, ce que les chercheurs imputent à un effet dominant de la perturbation océanique El Niño.

Conséquences incertaines

Certes, une plus forte remontée d’eaux froides pourrait a priori sembler bénéfique: du phytoplancton jusqu’au pêcheur, toute la chaîne trophique profite des nutriments charriés par l’upwelling. Pourtant une trop grande remontée d’eau froide et riche pourrait avoir des effets délétères, estiment les chercheurs. Plus chargées en nutriments, les eaux profondes sont aussi moins oxygénées, ce qui pourrait faire proliférer les bactéries, donc engendrer des zones mortes.

Autre possibilité, l’homogénéisation d’une zone d’upwelling entre les régions plus ou moins proches de l’équateur pourrait uniformiser divers écosystèmes marins.

De nombreuses incertitudes demeurent, les vents marins n’étant pas les seuls éléments qui seront affectés par le réchauffement. Selon les chercheurs, la thermocline, frontière entre les eaux superficielles et profondes, pourrait s’enfoncer, ce qui rendrait plus difficile les remontées d’eau – et compenserait en partie la hausse des vents.

[1] La production primaire se définit par la création de matière organique à partir de matière minérale, avec un apport d’énergie.



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