Réchauffement: pas de grand «melting pot» animalier

Le 06 juillet 2015 par Romain Loury
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Des pizzlys nés en captivité
Des pizzlys nés en captivité
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Avec le réchauffement, faut-il s’attendre à voir les espèces s’hybrider à qui mieux-mieux entre cousines jusqu’alors séparées géographiquement? Si de tels croisements ont déjà été observés, le phénomène demeurera marginal, prévoient des chercheurs américains dans la revue Nature Climate Change.

En 2006, un chasseur canadien abattait, dans l’île Banks, un ours étrange, hybride entre le grizzly et l’ours polaire. Surnommé «pizzly», ou «grolar», un tel croisement n’avait été observé qu’en captivité. Depuis, d’autres individus ont été décrits dans la nature. Selon plusieurs experts, ce serait là l’un des effets du réchauffement climatique, qui amène des espèces jusqu’alors séparées à partager les mêmes terres.

L’anecdote augure-t-elle d’un phénomène en voie de se généraliser? Meade Krosby, biologiste à l’université de Washington (Seattle), et ses collègues ont essayé de modéliser la situation sur la période 2071-2100: analysant l’aire actuelle de répartition de 4.796 paires d’espèces proches, mais géographiquement séparées, ils ont tenté de prédire si elles cohabiteraient, même, partiellement à la fin du siècle.

Les oiseaux sont les plus concernés

Pour les chercheurs, le risque est globalement assez faible, avec seulement 6,4% des paires d’espèces amenées au contact. Du fait que leur autre de répartition est généralement plus grande, les oiseaux sont plus souvent touchés (11,6%), devant les mammifères (4,4%) et les amphibiens (3,6%). Selon les chercheurs, ces chiffres constituent même un maximum: ils n’ont pas tenu compte des limites à la migration des espèces, qu’elles soient naturelles ou humaines.

Dans la plupart des cas, la cohabitation pourrait n’avoir lieu que sur moins de 25% du territoire de chaque espèce. Sauf pour celles géographiquement les plus restreintes, déjà les plus fragiles, qui risquent de voir leur territoire plus largement empiété par une espèce cousine. «Au niveau mondial, ce ne sera peut-être pas un énorme problème, mais au niveau local, il faudra examiner la situation au cas par cas», reconnaît Meade Krosby.

La mise en contact d’espèces proches pourrait leur rendre la vie plus difficile, engendrant pour chacune de nouvelles compétitions dans un environnement toujours moins propice à la survie. Quant à l’hybridation, elle pourrait entraîner la disparition de l’une des deux espèces, mais pourrait aussi accroître leur diversité génétique, et améliorer leur résistance.



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