Réchauffement: nouveaux records en vue

Le 31 janvier 2020 par Romain Loury
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Observations (rouge) et prévisions (bleu) de température annuelle mondiale
Observations (rouge) et prévisions (bleu) de température annuelle mondiale
Met Office

En termes de température, de nouvelles années record sont fort probables au cours des cinq prochaines années, prévient le Met Office britannique dans ses prévisions pour la période 2020-2024, publiées jeudi 30 janvier. Le risque de voir une année dépasser le seuil de +1,5°C n’est plus exclus.

A ce jour, 2016 demeure l’année la plus chaude jamais enregistrée, avec une température mondiale moyenne de 1,16°C supérieure à la fin du 19ème siècle. Elle est talonnée de peu par 2019 (+1,15°C), année qui a vu des canicules sans précédent sévir sur l’ensemble de la planète.

Une nette hausse de la température

Dans ses prévisions pour la période 2020-2024, reposant l’état actuel du climat et la variabilité et tenant compte de la variabilité océanique (dont El Nino et l’oscillation atlantique multidécennale), le Met Office, service national britannique de météorologie, estime qu’à moins d’une forte éruption volcanique (aux effets refroidissants), le réchauffement ne fera pas de pause.

Alors que les cinq années écoulées (les plus chaudes jamais enregistrées), prises dans leur ensemble, ont connu un réchauffement moyen de 1,09°C, la période 2020-2024 devrait se situer entre 1,15°C et 1,45°C.

Prise individuellement, il est probable (à plus de 90%) que chacune de ces cinq années se situera entre 1,06°C et 1,62°C au-dessus de l’ère préindustrielle. Si la gamme demeure large, le record de 2016 devrait être battu, les chercheurs préférant qualifier un tel record de «probable».

Vers des incursions au-delà de +1,5°C

Quant au seuil de +1,5°C, objectif climatique fixé par l’accord de Paris, les chercheurs estiment à environ 10% les chances qu’une année le dépasse. Selon Adam Scaife, en charge des prévisions à long terme au Met Office, «ces prévisions montrent que nous nous rapprochons rapidement d’un moment où nous connaîtrons des incursions temporaires au-dessus de 1,5°C».

Certes, «un dépassement temporaire de 1,5°C ne signifiera pas que l’accord de Paris est en échec: la recommandation du Giec [Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat] fait référence à une moyenne sur le long terme, plutôt qu’à une année individuelle. Toutefois, nos prévisions confirment que la fenêtre d’opportunité ne cesse de rétrécir», conclut le directeur scientifique du Met Office, Stephen Belcher.