Réchauffement: moins de fer dans les océans, donc plus de CO2

Le 10 juin 2014 par Romain Loury
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Le plancton, riche en silicium, a besoin du fer
Le plancton, riche en silicium, a besoin du fer
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En raréfiant le fer, le réchauffement climatique pourrait diminuer la capacité du plancton à absorber du dioxyde de carbone, ce qui aurait un effet accélérateur, suggère une étude publiée dimanche 8 juin dans la revue Nature Geoscience.

C’est un phénomène inquiétant que Laetitia Pichevin, de l’Ecole des géosciences à l’université d’Edimbourg (Ecosse), et ses collègues viennent de mettre en évidence lors d’une analyse de sédiments prélevés dans le golfe de Californie, certains anciens de 26.000 ans. Les  chercheurs y observent une corrélation entre, primo, la température, deuxio, l’abondance en fer à la surface des océans, et tertio, celle en silicium.

Composant du squelette externe du plancton, ce dernier élément est à l’origine de l’absorption du dioxyde de carbone par ces micro-organismes, qui ont besoin de ce CO2 pour se développer. Or au cours des périodes à température élevée, les chercheurs ont observé une moindre teneur en fer, laquelle s’avère aider la silice à absorber le CO2 au sein du plancton. Celui-ci survit donc moins bien à ces périodes, tandis que le CO2 s’accumule.

«On savait déjà que le fer constituait un élément clé du plancton, mais nous avons été surpris quant aux différentes manières par lesquelles il affecte le dioxyde de carbone dégagé par les océans. Si le réchauffement climatique affecte le niveau de fer à la surface de la mer, comme cela s’est produit par le passé, ce serait une mauvaise nouvelle pour l’environnement», explique Laetitia Pichevin dans un communiqué de l’université d’Edimbourg.

La banquise à la rescousse?

L’effet du réchauffement sur l’abondance en fer semble toutefois ne pas faire consensus. Lors d’une étude publiée fin mai, une autre équipe britannique a découvert que la fonte de la banquise du Groenland, du fait du réchauffement, dégageait des quantités importantes de fer dans l’océan. Ce qui pourrait donc bénéficier au plancton, au captage du CO2, et ainsi atténuer les effets du réchauffement climatique.

Selon leurs estimations, le Groenland émettrait ainsi de 400.000  à 2,5 millions de tonnes de fer par an, l’Antarctique de 60.000 à 100.000 tonnes par an. Ce qui équivaudrait à environ 125 fois la Tour Eiffel, une quantité similaire à celle apportée à l’océan par la poussière atmosphérique, ont calculé les chercheurs.

Une Plateforme océan lancée en vue de la COP21

Ce mardi matin à son siège parisien, l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco) a lancé la Plateforme Océan et climat 2015, en vue de la Convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (COP21), qui aura lieu à Paris en décembre 2015.

Entre autres partenaires, le Centre national de la recherche scientifique (CNRS), l’Agence française des aires marines protégées, la branche française du Pew Charitable Trusts ou encore le Réseau Océan mondial.

«La Plateforme entend éclairer les débats de la COP21 relatifs à l’interaction océan-climat», explique l’Unesco dans un communiqué. «Le fait que changement climatique signifie changement océanique doit être pris en compte lors des négociations».

«Or jusqu’ici l’océan a occupé une place relativement marginale dans les négociations internationales relatives au climat, surtout concentrées sur les émissions terrestres de CO2 par l’homme, sur le rôle de captage du CO2 par les forêts et sur les mesures d’adaptation», déplore l’Unesco, qui rappelle le «rôle régulateur déterminant» de l’océan dans le changement climatique.



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