Réchauffement: même les parasites n’en réchapperont pas

Le 07 septembre 2017 par Romain Loury
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Menacées par le climat, les tiques font l'autruche
Menacées par le climat, les tiques font l'autruche

Poux et tiques pourraient aussi souffrir du réchauffement climatique: selon une étude publiée vendredi 6 septembre dans la revue Science Advances, un tiers des espèces de parasites pourraient même disparaître d’ici à 2070.

On les imagine souvent les grands gagnants du réchauffement climatique. A tort : les parasites, dont les poux, les tiques, les ténias, les vers nématodes et autres bestioles peu charismatiques, pourraient être fort affectés par la hausse de température. Or s’ils sont parfois liés à des maladies, chez l’homme comme chez l’animal, leur présence est cruciale pour l’équilibre des écosystèmes.

Analysant la distribution actuelle de 457 espèces de parasites, Colin Carlson, écologue à l’université de Californie à Berkeley, et ses collègues montrent que, dans les pires scénarios climatiques (RCP8.5), 37,4% d’entre elles pourraient disparaître d’ici à 2070, contre 20,2% dans un scénario plus clément (RCP2.6).

A marche forcée vers les pôles

Les chercheurs ont analysé deux hypothèses extrêmes: l’une dans laquelle les parasites seraient incapables de se disperser, l’autre, tout aussi improbable, dans laquelle leur migration ne connaîtrait pas d’obstacle. Dans le premier cas, les parasites perdraient en moyenne 29% de leur territoire actuel -et plus de 50% pour 86 d’entre eux.

Le second cas montre des résultats plus contrastés: pris dans leur ensemble, les parasites verraient leur aire de répartition augmenter de 16,2%, mais 202 espèces la verraient tout de même diminuer. Comment expliquer ce paradoxe? Par le fait que cette progression moyenne serait tirée par un petit nombre d’espèces, pour la plupart tropicales et qui viendraient coloniser des régions tempérées: 29 espèces verraient ainsi leur aire de répartition au moins doubler, sept la verraient au moins tripler.

puces et tiques en péril

Malgré cette arrivée de parasites tropicaux, l’Europe occidentale et les abords du golfe du Mexique, deux régions où la richesse en espèces parasitaires est parmi les plus fortes au monde, verraient cette diversité fortement diminuer. A l’inverse, les zones plus septentrionales la verront exploser, avec un nombre d’espèces qui pourrait tripler.

Selon les chercheurs, les grands perdants seront les puces et les tiques, qui perdront la plus grande part de leur territoire qu’ils se dispersent ou non. Des effets pour l’instant assez peu visibles, alors que la maladie de Lyme, véhiculée par les tiques, semble au contraire s’étendre dans les pays occidentaux.

«Quelles seront les conséquences de cette vague de nouveaux parasites, qui viendront remplacer des espèces locales, que ce soit en termes de stabilité des écosystèmes, de faune sauvage ou de santé humaine?», s’interrogent les chercheurs. «La plupart des parasites ne sont pas des agents de maladies émergentes, mais la déstabilisation des réseaux hôte-parasite pourrait bien créer de nouvelles opportunités pour ces maladies», ajoutent-ils.



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