Réchauffement: les prévisions hydroclimatiques remises en cause

Le 06 avril 2016 par Romain Loury
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Inondations dans le Var
Inondations dans le Var

Si le réchauffement est certain, ses conséquences en matière de précipitations et de sécheresse, bien qu’inéluctables, le sont bien moins: publiée jeudi 6 avril dans Nature, une étude révèle que le 20ème siècle, bien que réchauffé, s’est inscrit dans la lignée du millénaire précédent, ce qui remet en cause les prévisions pour l’avenir.

Ce qui est humide deviendra plus humide, ce qui est sec le sera encore plus: telles sont les prévisions actuelles des climatologues, qui se basent sur les variations passées en fonction de la température déjà atteinte, de +1°C par rapport à l’ère préindustrielle. Or les données de départ pourraient être biaisées, du fait d’un recul temporel insuffisant, estiment Fredrik Charpentier Ljungqvist, historien et climatologue à l’université de Stockholm, et ses collègues.

Dans leur étude, les chercheurs ont analysé 12 siècles de variations dans l’hémisphère nord, aussi bien de précipitations que de sécheresse, s’appuyant pour celas sur 196 jeux de données issus de carottes glaciaires, de sédiments marins ou lacustres, de spéléothèmes (stalactites, stalagmites, etc.), de cernes d’arbres et d’archives historiques.

Il en ressort, contrairement à ce que l’on pensait jusqu’alors, que le 20ème siècle ne se distingue pas, malgré sa forte hausse de température, des siècles précédents. Selon les résultats, c’est sur les périodes 9ème-11ème siècles et 20ème siècle que l’on trouve le plus de surface affectée par de grandes précipitations, tandis que la période 12ème-19ème siècle se distingue par des conditions plus sèches.

Le 20ème siècle dans la variabilité naturelle

«Malgré un réchauffement fort au cours du 20ème  siècle, les extrêmes de précipitations et de sécheresse y sont de l’ordre de la variabilité naturelle observée au cours des siècles précédents. Plusieurs d’entre eux montrent des extrêmes et des déviations de la moyenne plus fortes et plus étendues», commente Fredrik Charpentier Ljungqvist.

Or «les modèles climatiques surestiment fortement l’intensification de ces extrêmes, d’humidité et de sécheresse, lors du 20ème siècle», ajoute le chercheur. Ce qui selon lui signifie qu’il est très difficile, sans recul suffisant, d’affirmer que la situation actuelle est déjà hors de la norme hydroclimatique, voire de prédire à quel rythme, et dans quel sens, les diverses régions du monde s’en éloigneront au cours de ce siècle.



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