Réchauffement: les océans à la croisée des chemins

Le 03 juillet 2015 par Romain Loury
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Le RCP8.5 n'épargnera rien
Le RCP8.5 n'épargnera rien
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Absorbant 93% de l’excès de chaleur liée aux gaz à effet de serre, les océans sont aux premières loges du réchauffement climatique. Dans la revue Science, une vingtaine de chercheurs, dont plusieurs Français, rappellent les risques qu’ils encourent en cas d’accord faible lors de la COP21 [1].

Le processus est désormais inéluctable: même si la planète parvenait à réduire ses émissions afin de limiter la hausse à 2°C d’ici 2100, les océans n’en sortiront pas indemnes. Les dommages restent toutefois sans commune mesure avec ceux attendus en cas de scénario RCP8.5, révèle l’étude publiée par l’«Initiative Océans 2015», qui compte plusieurs chercheurs du CNRS, de l’Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri) et de l’université Pierre-et-Marie-Curie.

Avec un scénario RCP8.5, 69% de la surface des océans verrait sa température augmenter d’au moins 1,5°C et son pH diminuer de 0,2 unité, contre seulement 1% avec un scénario RCP2.6. Dans ce dernier cas, seuls les coraux tropicaux et les bivalves des latitudes moyennes subiraient un risque d’impact élevé, alors que tous les autres organismes (poissons, krill, ptéropodes, etc.) seraient confrontés à un risque modéré.

Le “business-as-usual”, catastrophe générale

Outre les effets strictement océaniques, une étude publiée vendredi 3 juillet dans Nature Climate Change illustre un aspect inattendu du dérèglement marin: avec la fonte de la banquise, l’Atlantique Nord sera moins alimenté en eau froide, ce qui entraînera un affaiblissement du Gulf Stream. Conclusion a priori paradoxale, le réchauffement de l’Atlantique entraînerait ainsi un refroidissement de l’Europe occidentale.

Pour un scénario RCP8.5, le risque devient élevé, voire très élevé, pour tous. «Les services rendus par les écosystèmes marins et côtiers, par exemple la protection des côtes par les mangroves ou les récifs coralliens, l’aquaculture, le tourisme ou la pêche, auront à faire face à des risques élevés à très élevés d’ici à 2100», expliquent le CNRS, l’Iddri et l’UPMC dans un communiqué commun.

Pour les chercheurs, «des efforts immédiats de réduction des émissions de CO2 sont donc plus que jamais indispensables pour prévenir le risque de modifications brutales et irréversibles des écosystèmes marins et les services qu’ils nous fournissent».

D’autant que «les options de protection, d’adaptation et de réparation deviendront moins nombreuses et moins efficaces au fur et à mesure que la concentration de CO2 dans l’atmosphère augmentera», ajoutent-ils. «Un accord global sur le climat qui ne minimiserait pas les impacts sur l’océan serait incomplet et inadéquat», concluent les chercheurs.

[1] La 21ème  conférence des parties à la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, qui se tiendra du 30 novembre au 15 décembre à Paris.

[2] Selon le 5ème rapport du groupe d’experts international sur l’évolution du climat (Giec), un scénario RCP2.6 équivaut à une hausse probable de 0,3°C à 1,7°C d’ici 2100, un scénario RCP8.5 à une hausse allant de 2,6°C à 4,8°C.



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