Réchauffement: les Etats-Unis toujours plus eutrophisés

Le 28 juillet 2017 par Romain Loury
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Une hausse de 19% d'ici à 2100
Une hausse de 19% d'ici à 2100

Avec la hausse des précipitations liée au réchauffement, les Etats-Unis devraient connaître une forte hausse de l’eutrophisation au cours du 21ème siècle, selon une étude américaine publiée jeudi 27 juillet dans Science.

Lavés par les pluies, les engrais minéraux fuient en masse vers les rivières jusque dans les mers, y engendrant une eutrophisation (excès de nutriments) à l’origine de zones mortes. Parmi elles, celle du golfe du Mexique est déjà l’une des plus grandes au monde. Or le phénomène devrait s’accentuer avec le réchauffement, du fait de précipitations plus fortes et plus extrêmes.

S’appuyant sur trois scénarios climatiques (RCP2.6, RCP4.5 et RCP8.5), Eva Sinha, écologue à la Carnegie Institution for Science (Stanford, Californie), et ses collègues ont étudié, pour les périodes l’impact qu’auront ces précipitations quant à l’eutrophisation dans 2.105 sous-bassins étasuniens. Bilan: dans un scénario tendanciel RCP8.5, l’afflux d’azote dans les cours d’eau pourrait s’accroître de 19% d’ici à 2100 sur l’ensemble des Etats-Unis, hors Alaska et Hawaï.

Le golfe du Mexique toujours plus atteint

Dans le détail, c’est le nord-est des Etats-Unis qui sera le plus touché (+28%) ainsi que la partie supérieure des bassins du Mississippi et de son défluent Atchafalaya (+24%), qui se déversent dans le golfe du Mexique. Egalement très touchée, la zone des Grands Lacs verra l’afflux d’azote dans les rivières s’accroître de 21%.

Outre la lutte contre le réchauffement climatique, la seule solution consisterait à réduire les épandages d’engrais azotés. Mais les efforts s’annoncent ardus: pour annihiler les effets du réchauffement, et donc rester au niveau actuel d’eutrophisation, il faudrait diminuer de 30% l’usage de ces produits. Et pour réduire de 20% les rejets azotés dans le bassin Mississippi-Atchafalaya, objectif fixé par l’agence américaine en charge de la protection de l’environnement (EPA), il faudrait diminuer les doses de 62%.

Menace sur l’Asie

Selon les chercheurs, d’autres pays pourraient voir leur eutrophisation grimper en flèche du fait du réchauffement. En particulier ceux d’Asie du sud-est, ainsi que l’est de la Chine et l’Inde. «Ces régions abritent plus de la moitié de la population mondiale, et une baisse sévère de la qualité de l’eau aura des impacts sur de très nombreuses vies», prévient Eva Sinha.



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