Réchauffement: les aflatoxines bientôt à l’assaut de l’Europe

Le 01 février 2012 par Romain Loury
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Le réchauffement climatique va faciliter la contamination du maïs européen par les aflatoxines, selon une modélisation mathématique menée par une équipe italienne pour le compte de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa).

Issues des moisissures du genre Aspergillus, ces toxines se retrouvent principalement sur les fruits secs, les graines oléagineuses (dont l’arachide), les céréales et leurs produits dérivés. Elles entraînent une toxicité hépatique et rénale, et sont considérées comme des cancérogènes particulièrement puissants.

En raison de la prédilection d’Aspergillus pour les climats tropicaux et subtropicaux, ces toxines concernent principalement les produits importés de pays du sud. Mais le réchauffement climatique pourrait entraîner leur montée vers le nord, avec une hausse du risque pour les céréales européennes.

Ce risque serait particulièrement aigu en ce qui concerne le maïs, beaucoup moins pour le blé et le riz, selon la modélisation mathématique menée par des chercheurs de l’université d’agriculture de Plaisance (Emilie-Romagne) et de l’Institut italien de la santé (Rome).

Selon ces chercheurs, c’est en cas de réchauffement de 2°C en 100 ans que le risque deviendrait le plus critique, atteignant un niveau «faible à modéré» dans les zones d’Europe produisant actuellement le plus de maïs (Roumanie, France, Hongrie, nord-est de l’Italie).

Le risque pourrait en revanche devenir «élevé» dans des zones plus méridionales produisant moins de maïs, comme le sud et le centre de l’Espagne, le sud et le centre de l’Italie, la région des Balkans, la Grèce et la partie européenne de la Turquie.

C’est d’ailleurs dans ces zones méridionales que le danger sanitaire pourrait être le plus fort, la faible production locale étant entièrement consommée par la population, notent les chercheurs.

Le risque de contamination par les aflatoxines serait moins élevé en cas de réchauffement plus abrupt, de 5°C en 100 ans. Aspergillus serait certes plus largement présent en Europe (notamment dans les pays du nord, pour lesquels le risque serait très faible en cas de hausse de 2°C), mais sa croissance sur les cultures serait freinée par une température et une humidité trop élevées.
 



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