Réchauffement: le sombre avenir des stations alpines

Le 10 juillet 2015 par Romain Loury
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La température devance les précipitations
La température devance les précipitations
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Confrontées au réchauffement, les stations alpines de moyenne altitude sont menacées d’ici la moitié du XXIème siècle, selon une étude menée par Météo France. En cause, un effet prépondérant de la température, qui l’emportera sur les précipitations.

«Dans les années 1970 à 1980, beaucoup de stations se sont construites avec l’idée que l’enneigement serait perpétuel. A partir des années 1990, elles ont commencé à se plaindre, du fait de la variabilité interannuelle: elles ont été confrontées à de mauvaises années, puis à des années encore plus mauvaises», rappelle Michel Déqué, du Centre national de recherches météorologiques (CNRM, Météo-France/CNRS) à Toulouse.

Les perspectives sont peu brillantes pour les prochaines décennies, selon l’étude qu’il a présentée lors de la conférence «Notre avenir commun face au changement climatique», qui s’achève vendredi 10 juillet au siège parisien de l’Unesco [1]. Des travaux qui révèlent que le ski pourrait devenir un plaisir de plus en plus rare.

A l’aide du module d’analyse Safran de Météo-France, Michel Déqué et ses collègues ont modélisé l’enneigement des Alpes françaises en fonction de plusieurs scénarios du groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec), les RCP2.6, RCP4.5 et RCP8.5, dans un ordre croissant de sévérité.

La réponse n’est pas si évidente qu’elle en a l’air: certes, l’augmentation de la température fait fondre la neige, mais les hausses de précipitation attendues avec le changement climatique pourraient bien la compenser. Ce n’est pas le cas, et ce pour tous les scénarios climatiques, confirme leur modélisation: au milieu du siècle, elle révèle «une très nette baisse des conditions d’enneigement, particulièrement à moyenne altitude, de 1.000 à 2.000 mètres», explique Michel Déqué.

Une saison écourtée

Autre conséquence, la saison des sports d’hiver pourrait être fortement réduite aux trois premiers mois de l’année, janvier, février et mars. Finie les glisses de novembre-décembre et les derniers week-ends de ski d’avril. Interrogé par le JDLE, Michel Déqué précise toutefois que l’avenir des stations dépendra en grande partie de leur exposition, celles les plus à l’ombre s’en sortant mieux que les plus ensoleillées.

La situation est encore plus critique dans les stations pyrénéennes, comme le pointait la Cour des comptes en février. Faute d’enneigement suffisant, plusieurs d’entre elles présentent un niveau d’endettement plus que préoccupant, ne peuvent investir dans leur matériel de remontée vieillissant, et sont menacées de fermeture.

Moins de neige signifie-il pour autant moins d’avalanches? Ou au contraire, la température déstabilisera-t-elle le manteau neigeux? Tout dépend de la saison: les avalanches seront plus courantes en hiver, mais se feront plus rares au printemps. Sur l’année, le risque d’avalanche s’en trouvera globalement réduit.

[1] Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture.



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