Réchauffement: le pergélisol de l’Alaska en pleine débâcle

Le 09 mai 2017 par Romain Loury
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Le pergélisol, bombe climatique
Le pergélisol, bombe climatique

Le risque n’est plus virtuel: avec le réchauffement, le pergélisol arctique fond à toute vitesse, amplifiant les émissions de CO2 –et donc le changement climatique. Publiée lundi 8 mai dans les Proceedings of the National Academy of Sciences, une étude révèle que ces émissions ont crû de 75% en 40 ans dans l’Alaska.

Sous les coups du réchauffement, le pergélisol, épaisse couche gelée de matière organique, commence à fondre. Avec ce dégel, ces quantités massives de carbone (1.400 milliards de tonnes de carbone, soit moitié plus que l’atmosphère), vont alimenter la respiration microbienne –et donc les émissions de CO2.

Selon une étude publiée fin 2016 dans Nature, un réchauffement de 2°C d’ici 2050 entraînerait l’évaporation de 55 milliards de tonnes de carbone (GtC) dans l’atmosphère, soit 17% des émissions totales attendues d’ici là –selon un scénario tendanciel.

L’Alaska, source nette de CO2

Or le phénomène semble déjà bien avancé, comme le révèle l’étude lundi 8 mai par l’équipe de Steven Wofsy, de l’université de Harvard (Massachusetts). Grâce à des observations du CO2 atmosphérique (avion, tour), les chercheurs ont analysé les flux de CO2 en Alaska, pour la période 2012-14. Bilan: en raison de la fonte du pergélisol, la toundra est désormais une source nette d’émissions, que les forêts boréales ne parviennent plus à contrebalancer par leur photosynthèse.

Sur la période étudiée, la fonte du pergélisol aurait ainsi dégagé 108,5 millions de tonnes de carbone (MtC), tandis que les forêts n’auraient absorbé que 48,1 MtC. Le tournant semble récent: en 2012, l’Alaska était encore un puits de carbone (bilan net de 5,4 MtC absorbés), tandis qu’en 2013 et 2014 elle en était une source (bilans nets respectifs de 44,4 et 21,2 MtC).

Un bilan écrasant

Pour comparaison, les émissions de l’Alaska -terre faiblement peuplée- du fait de la combustion d’énergies fossiles s’élève à environ 10 MtC par an. Quant aux feux de forêt, ils se situent entre 1 et 2 MtC par an, avec un pic à 10 MtC en 2013.

Selon les chercheurs, les émissions liées à la fonte du pergélisol auraient augmenté de 73% depuis 1975, en lien avec la forte augmentation des températures estivales. Un chiffre que les chercheurs jugent même sous-estimé: il n’a été mesuré que sur les périodes octobre-décembre, l’équipe ne disposant que de données imparfaites sur la fonte en début d’hiver.



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