Réchauffement: la sélection naturelle sauvera-t-elle les lézards?

Le 16 septembre 2014 par Romain Loury
> 
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
L'anole brun sauvera-t-il sa peau?
L'anole brun sauvera-t-il sa peau?
DR

Les lézards et les amphibiens seront-ils les premiers perdants du réchauffement climatique? Pas si sûr: la sélection naturelle pourrait les aider à franchir le cap, suggère une étude américaine publiée dans les Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS).

A priori, les animaux à sang froid semblent bien mal dotés pour résister au réchauffement en cours. Incapables de réguler leur température interne, ils pourraient être amenés à passer de plus en plus de temps terrés dans le sol. Et ce au détriment de la chasse, et donc de leur survie.

Pour Michael Logan, biologiste au Dartmouth College de Hanover (New Hampshire), et ses collègues, la messe est pourtant loin d’être dite. Car ce scénario pessimiste ne tient pas compte de la sélection naturelle: plusieurs travaux montrent qu’elle peut être rapide, en particulier chez les espèces se reproduisant vite. Les chercheurs en ont fait l’expérience grandeur nature sur le lézard dit «anole brun» (Anolis sagrei), qui vit aux Bahamas.

Pour cela, ils ont capturé 80 mâles vivant au frais dans les forêts de l’île d’Eleuthera, pour les implanter 1 km plus loin, dans une zone en moyenne plus chaude et à la température plus variable. Entre temps, ils ont mesuré en laboratoire la rapidité de chaque individu en fonction de la température.

Premier constat: le taux de survie est nettement moindre dans le nouvel habitat, de 22% après la période de reproduction, contre 45% chez des lézards demeuré dans la forêt. Mais ceux qui survivent le mieux sont ceux qui à l’origine couraient le plus vite à température élevée, et sur une gamme plus étendue. Variété des caractères intrinsèques à l’individu, survie du plus apte: la sélection naturelle à l’œuvre.

«Même si le niveau de réchauffement attendu pour la fin du siècle survenait en une seule saison, ces espèces pourraient théoriquement compenser jusqu’à 30% du changement environnemental grâce à leur adaptation évolutive», estiment les chercheurs. Pour eux, la prochaine étape consistera à déterminer si les survivants, mieux adaptés au réchauffement, transmettent cette capacité à leur descendance.



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus