Réchauffement: la fonte des chamois

Le 22 octobre 2014 par Romain Loury
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Un rétrécissement jusqu'à l'effondrement?
Un rétrécissement jusqu'à l'effondrement?
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Les chamois des Alpes ont fortement rétréci depuis 30 ans, jusqu’à 25% chez les jeunes individus. Entre autres causes, le réchauffement climatique, avance une équipe britannique dans la revue Frontiers in Zoology.

Le phénomène est bien connu des paléontologues: lors du Pléistocène, période qui s’étend d’il y a 2,6 millions d’années à 12.000 ans, plusieurs espèces ont rétréci lors des périodes interglaciaires, certaines allant jusqu’à disparaître. Quant au réchauffement en cours, d’origine anthropique, de tels effets sont déjà observés à travers le règne animal.

Ce qui surprend dans l’étude publiée par l’équipe de Philip Stephens, de l’université de Durham (Royaume-Uni), c’est l’ampleur et la vitesse du phénomène: en 30 ans, les jeunes chamois vivant dans les Alpes italiennes ont perdu jusqu’à 25% de leurs poids, tandis que la température moyenne a augmenté jusqu’à 4°C!

Pour les autres espèces animales chez lesquelles le phénomène a été observé, l’explication la plus courante repose sur une raréfaction des ressources alimentaires. Or cela ne semble pas être le cas pour le chamois, les végétaux dont ils se nourrissent n’ayant pas diminué depuis les années 1980.

Plus de repos, plus de concurrence

Au lieu de cela, les chercheurs suspectent un effet direct de la température, qui modifierait le comportement des chamois. Selon une analyse menée sur trois sites dans le Trentin, la température est en effet le facteur le mieux corrélé avec le poids des jeunes chamois.

«Nous savons déjà que les chamois affrontent les périodes chaudes en se reposant plus, en passant moins de temps à chercher de la nourriture», explique l’équipe. Le phénomène a d’ailleurs été observé avec un autre ongulé alpin, le bouquetin (Capra ibex), moins actif au-dessus de 15°C.

Autre élément expliquant cette réduction, les restrictions de chasse ont fait exploser la densité de chamois : enter 1980 et 2000, elle est passée d’environ 6 individus par km2 à 11 individus/km2 -avant de diminuer depuis. Plus nombreux, les chamois sont soumis à une plus âpre compétition, avec moins de ressources disponibles pour chacun.

Selon Tom Mason, co-auteur de ces travaux, ce phénomène «pourrait poser un réel problème pour la survie de ces populations (…) il pourrait s’agir du signe avant-coureur d’impacts encore pires, tels que l’effondrement de populations».

Pour Philip Stephens, «la taille des jeunes individus conditionne leur capacité à survivre à des hivers rigoureux». A moins que ceux-ci soient justement plus cléments, du fait du réchauffement.



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