Réchauffement: la couche d’ozone n’a pas dit son dernier mot

Le 24 juin 2019 par Romain Loury
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Le trou se résorbe
Le trou se résorbe

Si elle est souvent négligée au profit des gaz à effet de serre, la couche d’ozone constitue elle aussi un acteur important du réchauffement. Dans un article publié lundi 24 juin dans Nature Sustainability, des experts du Programme des nations unies pour l’environnement (PNUE) dévoilent le subtil entrejeu entre couche d’ozone et changement climatique.

Grâce au protocole de Montréal, signé en 1987, la couche d’ozone semble désormais en bonne voie de cicatrisation: situé dans la stratosphère, entre 20 et 40 km d’altitude, ce filtre à UV pourrait retrouver son état pré-1980 vers la moitié du siècle, pour les régions tempérées des deux hémisphères, vers 2060 en Antarctique, mais seulement en 2100 dans les régions tropicales.

Le protocole de Montréal, succès climatique

Or la bataille n’est pas encore gagnée: d’une part parce que, d’ici sa guérison complète, une large partie de la planète, en particulier l’hémisphère sud, continuera à souffrir d’un excès d’ultraviolets. D’autre part, parce que le respect du protocole de Montréal n’est pas chose acquise: de récentes analyses ont montré une forte production, illégale, de CFC-11 en Chine.

Si le sujet du trou dans la couche d’ozone a souvent été appréhendé sous son angle sanitaire (cancers de la peau, cataractes, etc.), il a aussi d’importantes implications climatiques. Sans protocole de Montréal, la température moyenne mondiale aurait grimpé de +2°C du seul fait des chlorofluorocarbures, d’ici à 2070. Et grâce à l’amendement de Kigali (2016), l’interdiction des HFC, gaz à effet de serre sans effet sur la couche d’ozone, pourrait nous épargner une hausse supplémentaire de 0,5°C.

Le réchauffement va accroître l’exposition aux UV

Dans leur article, Paul Barnes, biologiste à l’université Loyola de La Nouvelle-Orléans (Louisiane), et ses collègues révèlent les diverses influences croisées du trou de la couche d’ozone et du réchauffement, ou de leurs conséquences les unes sur les autres. Exemple, le déplacement des espèces animales et végétales, vers les pôles et en altitude, devrait les exposer à des niveaux d’UV plus élevées que dans leur zone de répartition historique.

De même, l’acidification des océans, liée à leur absorption de CO2, amincit coquilles et squelettes calcaires des invertébrés, les rendant plus vulnérables aux UV. Plus indirectement, chez l’homme, le réchauffement devrait modifier certaines habitudes, notamment vestimentaires, avec diverses conséquences en termes d’exposition aux UV.

Mais le réchauffement devrait aussi avoir des effets directs sur la couche d’ozone. En bloquant la chaleur dans les basses couches de l’atmosphère, les gaz à effet de serre devraient induire un refroidissement de la stratosphère, et donc une plus lente reconstitution de la couche d’ozone. A l’inverse, l’état de la couche d’ozone a des effets sur la circulation atmosphérique, donc sur les températures et les précipitations, en particulier dans l’hémisphère sud.



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