Réchauffement: la biomasse, solution insuffisante

Le 19 mai 2017 par Romain Loury
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Plantation de peupliers
Plantation de peupliers

Sans une nette atténuation des émissions de gaz à effet de serre (GES), planter des arbres afin de séquestrer le CO2 atmosphérique ne permettra pas de lutter efficacement contre le réchauffement climatique, révèle une étude publiée dans la revue Earth’s Future, éditée par l’American Geophysical Union (AGU).

Comment limiter le réchauffement à +2°C, si possible 1,5°C, comme le prévoit l’Accord de Paris, désormais ratifié par 145 pays? Pour parvenir à un bilan net proche de zéro vers le milieu du 21ème siècle, l’une des solutions avancées serait la biomasse, voie naturelle et peu coûteuse de captage et séquestration du carbone (CSC).

Or planter des arbres à l’échelle de la planète semble une solution bien illusoire, révèle l’étude menée par Lena Boysen, du Potsdam Institute for Climate Impact Research (PIK), et ses collègues. L’équipe a calculé, pour divers scénarios RCP, les surfaces agricoles et forestières qui seraient nécessaires à limiter les hausses de température. Bilan: cette technique, déployée à l’échelle mondiale, semble irréaliste sans une très nette atténuation des émissions de GES.

Menace sur les terres agricoles

Exemple: les promesses d’atténuation fournies par les Etats (les INDCs, Intended Nationally Determined Contributions), dont la réalisation parviendrait à limiter la hausse à 2,8°C. Pour l’abaisser à +2°C, il faudrait recourir à la biomasse sur une surface équivalant à un tiers des forêts mondiales, avec des pertes massives de biodiversité. Ou, de manière alternative, convertir un quart des surfaces agricoles actuelles, au péril de la sécurité alimentaire.

Selon les chercheurs, la biomasse ne peut donc constituer qu’une solution d’appoint : «que se passerait-il dans le pire scénario, celui d’un échec complet des politiques d’atténuation? Est-ce que la plantation d’arbres suffirait à stabiliser le climat en cas d’urgence? La réponse est non. Il n’y a pas d’alternative à une atténuation réussie. Dans un tel cas, les plantes pourraient jouer un rôle important, bien que limité», explique l’un des coauteurs de l’étude, Wolfgang Lucht.

Pas une solution miracle

«La séquestration de CO2 n’est pas le héros qui surgit à la fin pour sauver le monde, quand tout le reste a échoué. C’est plutôt une solution de support, qui doit entrer en jeu dès le début, tout en accordant le rôle principal à l’atténuation», renchérit Hans Joachim Schellnhuber, directeur du PIK. A côté de cela, il faudra favoriser la reforestation des terres dégradées, la protection des forêts, ou encore l’agroforesterie et les pratiques agricoles sans labour.



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