Réchauffement: l’OMS lance des prévisions sanitaires par pays

Le 18 novembre 2015 par Romain Loury
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Le Bangladesh menacé par les eaux
Le Bangladesh menacé par les eaux
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A près de deux semaines de la COP 21, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) veut faire de la question sanitaire un enjeu important des négociations. Pour cela, elle vient de lancer une série de prévisions par pays, dont les premières (Brésil, Nigéria, Bangladesh, Egypte, Thaïlande, etc.) ont été publiés mardi 17 novembre.

De l’avis de plusieurs observateurs, les négociations climatiques, focalisées sur la question des émissions, ne laissent que peu de place à des domaines annexes, dont celui de la santé. Pourtant, les enjeux ne sont pas minces: selon l’OMS, le changement climatique, dans un scénario tendanciel pourrait entraîner 250.000 morts de plus par an dans le monde, rien que pour les effets liés à la chaleur (+38.000 par an), la malnutrition infantile (+95.000/an), le paludisme (+60.000/an) et les diarrhées (+48.000/an).

Et c’est sans compter sur d’autres maladies infectieuses (virus du Nil occidental, dengue, etc.), qui pourraient non seulement flamber dans les pays qu’elles touchent déjà mais aussi s’étendre à de nouveaux pays, ou sur la mortalité liée aux catastrophes naturelles. Accompagnant les émissions de gaz à effet de serre (GES), la pollution atmosphérique tue déjà 4,3 millions de personnes dans le monde chaque année, estime par ailleurs l’OMS.

Afin de pousser la cause climatique lors de la COP 21, l’organisme onusien s’est attelé à des prévisions sanitaires pays par pays, dont elle vient de publier les 14 premières copies. Parmi ces pays, le Bangladesh, le Brésil, la Colombie, l’Egypte, l’Ethiopie, le Ghana, la Malaisie, le Maroc, le Nigéria, Oman, le Pérou, les Philippines, la Thaïlande et la Tanzanie.

Inondations au Bangladesh, vagues de chaleur au Brésil

Pays parmi les plus vulnérables au réchauffement, le Bangladesh, dont la population actuelle est de 157 millions d’habitants, pourrait particulièrement souffrir des inondations. Sans adaptation, le nombre de personnes affectées devrait s’élever à 7,2 millions par an avec un scénario RCP8.5 (business as usual) pour la période 2070-2100, contre 2,6 millions avec le scénario le plus optimiste (RCP2.6). En cas d’adaptation, ce chiffre pourrait être abaissé à 14.100 personnes par an. Quant au paludisme, le nombre de personnes à risque pourrait passer de 100 à 147 millions.

Seul grand émergent parmi les 14 pays, le Brésil devrait fortement souffrir de la chaleur: selon l’OMS, un scénario RCP8.5 devrait entraîner 72 décès pour 100.000 habitants par an chez les plus de 70 ans en 2080, contre seulement 1 pour 100.000 pour la période 1961-1990. En cas de forte atténuation (RCP2.6), ce chiffre pourrait être ramené à 13 décès pour 100.000 chez les seniors. Quant au paludisme, le nombre de personnes exposées pourrait doubler, concernant 168 millions en 2070.

La situation géographique de l’Egypte l’expose à un risque élevé d’inondations du fait de la montée du niveau de la mer: 2,4 millions de personnes pourraient être touchées en 2070-2100 (scénario RCP8.5 sans adaptation), contre seulement 700 personnes avec un scénario RCP2.6 avec adaptation. La chaleur devrait aussi s’y faire sentir, avec 47 décès pour 100.000 par an chez les plus de 65 ans en 2080, contre 1 pour 100.000 entre 1961 et 1990.

Egalement sensible aux effets de la chaleur, le Nigeria, pays le plus peuplé d’Afrique (173 millions d’habitants), pourrait voir son taux de malnutrition augmenter de 20% d’ici 2050. Très exposé aux maladies infectieuses, le pays devrait toutefois voir une baisse de plus de moitié des diarrhées infantiles mortelles, du fait du développement. Mais la part du réchauffement pourrait progressivement s’accentuer, passant de 9,8% des diarrhées mortelles en 2030 à 14,2% en 2050, dans le cas d’un scénario RCP8.5.

Contactée par le JDLE, l’OMS espère pouvoir en faire autant pour l’ensemble de ses 192 pays membres sur l’année 2016. Interrogée sur les dates de publication de plusieurs pays, elle n’a pu avancer de date que pour les prévisions chinoises, publiées jeudi 19 novembre. Aucune date n’a pu être avancée pour la France et d’autres pays de l’UE, pour les Etats-Unis et pour l’Inde.



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