Réchauffement: l’empreinte humaine apparaît vers 1900

Le 03 mai 2019 par Romain Loury
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Un monde en proie au réchauffement depuis 120 ans
Un monde en proie au réchauffement depuis 120 ans
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Pour ce qui est des sécheresses et des précipitations, l’effet du réchauffement climatique s’est fait sentir dès le début du 20ème siècle, révèle une étude publiée mercredi 1er mai dans la revue Nature.

L’influence humaine sur le climat n’est décidément pas une nouveauté: selon une étude publiée en août 2016, la température se serait écartée de la variabilité interannuelle dès 1830, du moins dans l’Arctique et au niveau des océans tropicaux, le phénomène s’étendant aux terres émergées de l’hémisphère nord vers 1860, à celles de l’hémisphère sud vers 1900.

Publiée mercredi 1er mai dans Nature, une nouvelle étude confirme l’ancienneté du réchauffement, cette fois-ci au niveau hydrique. Du fait de l’activité humaine, les régions sèches devraient le devenir encore plus, tandis que les régions humides devraient voir leurs précipitations augmenter. Or ces tendances apparaissent dès le début du 20ème siècle, révèlent Kate Marvel, du NASA Goddard Institute for Space Studies (New York), et ses collègues.

Les cernes d’arbres, mémoire hydrique

Les chercheurs ont analysé les atlas de sécheresse, à savoir l’humidité des sols au cours des mois d’été, révélée grâce à l’analyse des cernes d’arbres, année par année. Pour l’Amérique du Nord et l’Europe, ces données remontent jusqu’à l’an 1100, pour l’Amérique du Sud et l’Océanie jusqu’à l'an 1400.

Dans l’ensemble de ces zones, les résultats montrent une ‘empreinte humaine’, à savoir un écart par rapport à la variabilité interannuelle, dès le début du 20ème siècle. Plus intéressant, ils révèlent l’existence de trois périodes, aux tendances divergentes: 1900-1950, 1950-1975 et 1975 jusqu’à nos jours.

Un ralentissement en 1950-1975

C’est pendant la première, 1900-1950, que l’évolution hydrique est la plus significative, un phénomène que les chercheurs associent à une forte hausse de la teneur atmosphérique en gaz à effet de serre.

A l’inverse, l’empreinte humaine s’atténue en 1950-1975 –période pendant laquelle la hausse des températures a aussi marqué le pas. Selon les chercheurs, ce hiatus serait lié à d’importants rejets d’aérosols, en particulier par les automobiles et l’industrie, qui rafraîchissent le climat et favorisent les précipitations, masquant ainsi le renforcement de l’effet de serre.

La tendance s’inverse de nouveau après 1975, avec un retour à la situation prévalant avant 1950. Selon les chercheurs, l’amélioration de la qualité de l’air, et donc la raréfaction des aérosols, a de nouveau lâché la bride au réchauffement, et donc à ses effets hydriques.



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