Réchauffement: l’élevage soumis à des précipitations plus aléatoires

Le 23 février 2018 par Romain Loury
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Menace climatique sur l'élevage
Menace climatique sur l'élevage
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Le changement climatique entraîne une plus grande variabilité des précipitations sur les terres de pâturage au niveau mondial, avec un effet plus marqué dans les pays où l’élevage est crucial pour la sécurité alimentaire, selon une étude publiée dans la revue Nature Climate Change.

 

C’est l’un des méfaits attendus du réchauffement: une plus grande variabilité des précipitations, qui rendrait les rendements agricoles plus aléatoires d’une année sur l’autre. Dans une étude portant sur la période 1901-2014, l’équipe de Paul West, de l’Institut de l’environnement à l’université du Minnesota, montre que ces effets sont déjà bien perceptibles sur les terres de pâturage.

Les chercheurs montrent que depuis 1901, 49% de la surface mondiale utilisée pour le pâturage a vu sa variabilité interannuelle des précipitations augmenter, tandis que 45% (souvent les mêmes) connaissent une hausse de la variabilité intra-annuelle. Or ces variabilités sont elles-mêmes liées à l’indice de végétation (NDVI, pour Normalized Difference Vegetation Index), plus faible dans les régions où les précipitations oscillent le plus d’une année sur l’autre.

Afrique, Chine, Australie, etc.

Parmi les régions où cette évolution est la plus marquée, une grande partie de l’Afrique subsaharienne, mais aussi la Chine, l’Australie septentrionale et occidentale, le sud-ouest des Etats-Unis, la région andine et certaines régions d’Asie centrale dont l’Iran. Côté Europe, ni la France ni le Royaume-Uni ne semblent présenter d’évolution significative depuis 1901, du moins sur les grandes terres d’élevage.

Selon les résultats, les pays où la variation interannuelle est la plus forte sont également ceux où l’élevage tient une place très importante dans l’économie ou pour la sécurité alimentaire de la population. Par exemple l’Afrique subsaharienne, dont la variabilité des précipitations ne cesse de s’accentuer.

Menace sur la sécurité alimentaire

«De nombreuses régions, qui voient leur variabilité, modérée ou élevée, encore augmenter, sont parmi celles qui comptent le plus de pauvreté, comme l’Asie et l’Afrique, qui hébergent 90% de la pauvreté mondiale. Une grande partie de l’Afrique subsaharienne est aride ou semi-aride, et la variabilité des précipitations y est déjà élevée. Certaines de ses régions, comme le Sahel, la Somalie et le Kenya, entrent dans une zone particulièrement critique de variabilité (…), ce qui pourrait entrainer des transitions écosystémiques, et menacer la maintenance ou l’expansion de l’élevage», commentent les auteurs.



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