Réchauffement: l’effet pergélisol réduit le budget carbone

Le 09 juillet 2018 par Romain Loury
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Le permafrost, un risque d'emballement climatique
Le permafrost, un risque d'emballement climatique

Le budget carbone pour limiter la hausse thermique à +2°C est plus chiche qu’on ne le pensait: en tenant compte des effets rétroactifs dus à la fonte du pergélisol, il serait réduit d’environ 10%, révèle une étude britannique publiée lundi 9 juillet dans Nature Geoscience.

 

Dans leur étude de modélisation, l’équipe de Stephen Sitch, de l’université d’Exeter (Royaume-Uni) estime qu’il nous reste entre 464 et 568 gigatonnes de carbone à émettre avant d’atteindre le seuil fatidique de 2°C, soit entre 15 et 20 ans d’émissions au rythme actuel (environ 30 GtC/an). Du moins sans compter les effets qu’aura le réchauffement sur les puits de carbone naturels, en particulier les zones humides et le pergélisol.

Fragilisées par la hausse de température, ceux-ci devraient eux-mêmes contribuer, de manière croissante, aux émissions de gaz à effet de serre, en particulier de méthane. Un effet de rétroaction positive que la climatologie a encore du mal à quantifier, mais qui devrait s’avérer une véritable bombe climatique.

Plus marqué pour un réchauffement à +1,5°C

Selon les chercheurs, cet effet amoindrirait donc le budget carbone, et pas qu’un peu: il pourrait être diminué de 52 à 57 gigatonnes de carbone (GtC), soit entre 9% et 13%, l’équivalent de deux ans d’émissions au rythme actuel. Cet effet serait encore plus marqué pour un budget carbone limité à un réchauffement de 1,5°C, avec une baisse des émissions anthropiques comprises entre 17% et 23%.

«Ces résultats ne valent que pour des trajectoires transitoires d’émission à l’horizon 2100, et ne tiennent pas compte des conséquences à plus long terme qu’auront ces rétroactions. Ces effets des zones humides et du pergélisol doivent être pris en compte dans les évaluations des trajectoires d’émissions visant à limiter le réchauffement», conclut l’équipe.



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