Réchauffement et agriculture: 4 pour 1.000… un contre tous?

Le 17 mars 2015
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Une initiative pour le stockage de carbone
Une initiative pour le stockage de carbone

Face au problème du réchauffement climatique et de l’agriculture, le ministre Stéphane Le Foll a annoncé mardi 17 mars le lancement du projet «4 pour 1.000». Objectif de cette initiative «internationale», mais pour l’instant très franco-française, accroître le stockage de carbone dans le sol, afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Selon des travaux de l’Institut national de la recherche agronomique (Inra), le chiffre de 4 pour 1.000 correspond à la hausse annuelle du carbone dans le sol qui permettrait d’absorber l’intégralité des émissions mondiales de gaz à effet de serre. A l’inverse, toute diminution de 4 pour 1.000 reviendrait à doubler ces émissions, explique Stéphane Le Foll.

Lancée par le ministre en marge de la 3ème conférence «Climate-Smart Agriculture», qui s’achève mercredi 18 mars à Montpellier, l’initiative est présentée par le ministère comme «un projet de recherche international».  Interrogé par le JDLE, Stéphane le Foll reconnaît pourtant qu’aucun calendrier n’est pour l’instant fixé pour ce projet.

Le projet, qui reposera en grande partie sur l’Inra et le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad), doit être «formalisé», a-t-il ajouté. «Il va falloir une mobilisation totale, horizontale», a ajouté le ministre, aussi bien du côté des agriculteurs que des chercheurs.

«Quatre pour 1.000, c’est beaucoup et c’est très peu: c’est un but atteignable, mais c’est en même temps beaucoup, car pour l’instant les choses ne vont pas dans ce sens-là», a observé Michel Eddi, président du Cirad, auprès du JDLE.  Ce chiffre pourrait constituer «un indicateur global», le fer de lance d’une «pédagogie simple pour qu’elle soit comprise au mieux par la population».

International, du moins dans l’ambition

Quant au qualificatif d’«international» avancé par le ministère, il semble pour l’instant un peu osé. Si ce n’est que le ministre a déclaré qu’«on [allait] discuter avec la FAO [Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture] de cette stratégie», tout en se tournant vers un responsable de l’organisation onusienne assis au premier rang.

Uniquement franco-française pour l’instant, l’annonce peut surprendre, alors qu’en septembre 2014 a été lancée à New York une Alliance mondiale pour l’agriculture climato-intelligente. Si la France fait partie des 74 membres, cette nouvelle structure, qui n’en est qu’à ses balbutiements, a avant tout été lancée par les Pays-Bas, la France ne s’y étant jointe que par la suite.

A quelques mois de la COP21, prévue en décembre à Paris, n’y a-t-il pas là une volonté pour la France, pays de tradition agricole, d’affirmer son emprise sur le sujet? «Pour l’instant, les règles de l’alliance ne sont pas posées, on ne sait pas encore comment et par qui elle sera pilotée. [Le domaine de la Climate-Smart Agriculture] est très récent, il n’y a eu que trois colloques», dont celui de Montpellier est le dernier, explique Michel Eddi.

Face à ce nouveau champ, «il existe une grande variété de solutions. Cette initiative ‘4 pour 1.000’ vise à créer en amont de la COP21 ce que d’autres feront en aval», ajoute-t-il. De plus, il s’agit là d’un grand programme de recherche, alors que l’alliance est «une fédération d’Etats», aux visées en partie scientifiques, mais surtout politiques, conclut Michel Eddi.



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