Réchauffement: des océans à bout de souffle

Le 06 septembre 2016 par Stéphanie Senet
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Les océans ont déjà absorbé 93% du réchauffement depuis 1970
Les océans ont déjà absorbé 93% du réchauffement depuis 1970

Publiée ce 6 septembre par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), une vaste compilation d’études scientifiques détaille les effets en cascade du réchauffement sur les océans, comme la réduction des zones de pêche ou la multiplication des ouragans.

Rédigé par 80 scientifiques de 12 pays et publié à l’occasion du congrès mondial de la nature, qui se tient à Hawaï jusqu’au 10 septembre, ce rapport-fleuve se base sur de nombreux travaux dont un quart d’entre eux sont inédits.

«Le réchauffement des océans est l’un des problèmes cachés les plus importants de notre génération, et pour lequel nous ne sommes absolument pas préparés, résume la directrice générale de l’UICN, Inger Andersen. La seule façon de préserver la richesse des océans consiste à réduire les émissions de gaz à effet de serre de façon rapide et substantielle.»

La hausse de la température a déjà montré ses effets sur les océans, mais les chercheurs se disent profondément étonnés par «l’échelle et l’ampleur des conséquences sur des écosystèmes entiers». Le rapport estime que les secteurs les plus menacés sont la pêche, l’aquaculture, les aménagements côtiers et la santé.

 

93% du réchauffement dans les océans

Les océans ont déjà absorbé 93% de la chaleur supplémentaire produite par les activités humaines depuis 1970, selon Dan Laffoley, l’un des principaux auteurs, également vice-président de la commission mondiale des aires protégées de l’UICN. Ce qui a permis de contenir le réchauffement de l’atmosphère à 1° degré Celsius par rapport au siècle dernier au lieu de 36°C!

Et ce n’est pas fini. Alors que l’année 2015 se révèle être l’année la plus chaude à la surface de l’eau depuis 136 ans, la température globale des océans pourrait encore grimper de 1 à 4°C d’ici 2100, prédisent les experts.

 

Des effets en cascade

Mais cette absorption massive a un prix, qui se mesure déjà sur l’évolution de plusieurs espèces dont les coraux, en première ligne, mais aussi les herbiers marins, le krill, et certains mollusques et poissons. Quel que soit l’avenir des émissions de GES, ces organismes vont être fortement perturbés, et dans le pire des cas (RCP 8.5), connaître des déplacements importants et des mortalités massives.

Les chercheurs notent que les méduses, les tortues, les oiseaux de mer et le plancton se déplacent d’ores et déjà de 10 degrés de latitude vers le nord, ce qui altère la reproduction des mammifères marins. «Ces migrations climatiques sont de 1,5 à 5 fois plus rapides que ce que nous voyons sur terre», alerte Dan Laffoley.

 

Des zones de pêche réduites

Cette hausse de la température réduit de facto les zones de pêche. Si les émissions de GES ne baissent pas, les prises halieutiques devraient régresser de 10 à 30% par rapport à la période 1970-2000 dans le Sud-est asiatique.

Dans l’Atlantique Nord, les poissons –en particulier l’anchois, le maquereau, et le hareng- remontent déjà de 30 kilomètres en moyenne par décennie à la recherche de températures plus fraîches.

 

Des ouragans à répétition

Dans les océans, chaque degré supplémentaire de réchauffement accroît de 25 à 30% le nombre d’ouragans violents, poursuit le rapport. Il faut s’attendre à une flopée de dommages, ainsi qu’à la propagation de maladies, notamment par la prolifération accrue d’algues toxiques ou de la bactérie vectrice du choléra dans des eaux plus chaudes.

Pour protéger les océans, il est donc indispensable de mettre en place un plan d’urgence d’envergure, qui vise non seulement à réduire les émissions de GES, mais aussi à protéger juridiquement la haute mer et à étendre le réseau mondial d’aires marines protégées. Une nouvelle mission pour la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques?

 



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