Réchauffement: coup de chaud sur la nutrition

Le 10 juillet 2015 par Romain Loury
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Une offre en baisse de 4%
Une offre en baisse de 4%
DR

Oubliez les vagues de chaleur et l’extension des maladies émergentes: en plein réchauffement climatique, l’alimentation, aussi bien en quantité qu’en qualité, pourrait constituer le plus grand risque sanitaire pour l’humanité, révèle une étude britannique.

«En 2010, le monde comptait sept fois plus de décès liés à des facteurs de risque nutritionnels [maladies cardiovasculaires, diabète, obésité, cancers, etc.] que de décès liés à la sous-nutrition maternelle et infantile, contre seulement deux fois plus en 1990», rappelle Marco Springmann, chercheur à l’université d’Oxford.

La situation pourrait devenir encore plus critique avec le réchauffement, révèle son étude présentée à la conférence «Notre avenir commun face au changement climatique», qui s’achève vendredi au siège parisien de l’Unesco [1]. Certes menée avec les pires scénarios prévu par le groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec), les RCP8.5 (+2,6°C à +4,8°C d’ici 2081-2100), elle montre que la plupart des pays verront leur situation alimentaire et nutritionnelle s’aggraver d’ici 2050.

En raison d’un resserrement entre demande alimentaire et offre agricole, les apports caloriques pourraient diminuer de 3% par Terrien. Si la consommation de viande rouge devrait baisser de 1%, avec de légers bénéfices sur la santé mondiale, la baisse de 4% d’offre en fruits et légumes pourrait constituer le principal problème, d’un point de vue cardiovasculaire.

Le développement freiné de 28%

Ces réductions peuvent a priori sembler modestes, mais elles équivaudraient à 529.000 décès par an à l’échelle de la planète, selon les calculs des chercheurs. Loin devant les vagues de chaleur, qui ne devraient entraîner «que» 90.000 décès en 2050.

Certes, le développement attendu dans les pays du Sud pourrait l’emporter sur les effets nutritionnels du climat, mais ses bénéfices en seraient réduits de 28%.

La situation est par ailleurs très variable d’un pays à l’autre: c’est la Chine qui sera la plus affectée par la raréfaction des fruits et légumes, l’Inde par la sous-nutrition. Seuls 31 pays pourraient tirer de légers bénéfices d’une moindre consommation calorique, notamment ceux du nord de l’Amérique latine (Amérique centrale, nord de l’Amérique du Sud), au fort taux d’obésité. C’est d’ailleurs l’une des rares bonnes nouvelles de l’étude: le réchauffement climatique devrait faire fondre 300.000 personnes obèses ou en surpoids.

[1] Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture.



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus