Réchauffement climatique: pas encore de casques verts onusiens

Le 22 juillet 2011 par Geneviève De Lacour
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Le Conseil de sécurité des Nations unies envisageait la création de casques verts, des soldats de l’ONU pouvant intervenir en cas de conflit lié aux changements climatiques. Réuni mercredi dernier, 20 juillet, pour examiner très sérieusement la nécessité et la pertinence de l’intervention des Nations unies dans les violences éventuellement causées par l’augmentation du niveau des mers et la raréfaction des ressources, le Conseil de sécurité a finalement accouché d’une déclaration en demi teinte.

Achim Steiner, directeur général du Programme pour l'environnement des Nations unies (Pnue) s’est fondé sur un scénario d'une élévation des températures de 3 à 4 degrés au cours du siècle et une augmentation du niveau des mers d'un mètre pour affirmer que les menaces sont nombreuses. Il a cité l’exemple de la sécheresse en Somalie, les inondations au Pakistan et leurs implications pour le marché de l'alimentation. «L'étendue de ces désastres naturels va augmenter de façon exponentielle, sans que nous n'en connaissions encore toutes les implications» a-t-il ajouté.

«Des catastrophes naturelles qui sont de plus en plus fréquentes et violentes dans les pays riches comme dans les pays pauvres, anéantissant vies, infrastructures, institutions et budgets. Un cocktail détonant qui peut créer de dangereux vides pour la sécurité», a déclaré Ban Ki-moon, le secrétaire général des Nations unies durant les débats.

Mais les 15 membres du Conseil de sécurité n'ont pas réussi à atteindre un consensus pour qualifier le réchauffement climatique de menace directe à la paix et à la sécurité. Dans sa déclaration, le Conseil de sécurité se contente donc d'exprimer son inquiétude quant au fait que de possibles effets hostiles du changement climatique puissent, dans le long terme, aggraver certaines menaces existantes à la paix et la sécurité.

Cette absence de consensus a suscité pendant les débats la colère des Etats-Unis. «C'est plus que décevant. C'est pathétique, cela dénote un manque de prévoyance et, franchement, il s'agit d'un manquement au devoir», a fustigé Susan Rice, l'ambassadrice américaine à l'ONU.

Lors des débats, les représentants de la Chine et de la Russie ont expliqué que le Conseil de sécurité n'avait pas vocation à régler cette question.

Les petits Etats des îles du Pacifique réclamaient une mention explicite de la menace que fait peser le changement climatique. Le président de la République de Nauru, Marcus Stephen, a prévenu que plusieurs îles pourraient disparaître de la carte.

La délégation française à l'ONU a aussi fait part de son désappointement sur l'absence de punch de la déclaration. «Le fait qu'un accord unanime du Conseil ait été obtenu sur cette question représente en soi une avancée remarquable, mais la France regrette cependant qu'il n'ait pas été possible d'arriver à un consensus sur une déclarations présidentielle plus ambitieuse et à la hauteur de l'ampleur de la menace».

Un diplomate américain, parlant sous le couvert de l'anonymat, a souligné que le communiqué final manquait à l'évidence de force et que c'était une petite étape dans la bonne direction.

Au final, la question des casques verts n’a pas été tranchée. Elle sera au menu de la prochaine conférence de l'ONU sur le climat, qui se tiendra en décembre à Durban, en Afrique du Sud.



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