Réchauffement climatique: le protocole de Montréal bat celui de Kyoto

Le 14 mars 2007 par Claire Avignon
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Dans un article paru dans Proceedings of the national academy of sciences (Pnas), des chercheurs américains et néerlandais montrent que jusqu’ici, le protocole de Montréal, qui porte sur les substances appauvrissant la couche d’ozone (Saco), a eu davantage d’effet sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre que le protocole de Kyoto qui porte pourtant directement sur le climat.

Le protocole de Montréal est souvent considéré comme l'une des (très) rares réussites mondiales en matière de protection de l'environnement. Signé le 16 septembre 1987 et entré en vigueur le 1er janvier 1989, l'accord a entraîné la substitution progressive des substances à l'origine du trou de la couche d'ozone de l'Antarctique découvert fin 1985, à savoir certains chlorofluorocarbones (CFC) et halons. Grâce à l'historique des émissions et à différents scénarios, des chercheurs (1) ont montré que non seulement l'interdiction des Saco devrait permettre un rétablissement de la couche d'ozone d'ici 2050, mais qu'elle a également permis de lutter contre les émissions de gaz à effet de serre, un rôle qui ne lui a été pas attribué au départ.

Trois scénarios ont été étudiés: la premier prend en compte les émissions enregistrées depuis 1960 et les prévisions jusqu'en 2020 liées aux réglementations actuelles; le second montre l'évolution des Saco si, en 1974, quelques pays comme le Canada, les Etats-Unis, les Pays-Bas, et la Suède, n'avaient pas poussé à la substitution des CFC, après avoir été avertis de leurs risques environnementaux par la communauté scientifique; le troisième s'attache à calculer l'impact des Saco si le protocole de Montréal n'avait pas été signé.

Dans le premier cas, les émissions vont passer de 7,2 gigatonnes équivalent CO2 en 1975 (GtCO2-eq) à 1,4 GtCO2-eq en 2010. Dans le second cas, le tonnage aurait atteint entre 24 et 76 GtCO2-eq, et dans le troisième entre 15 et 18 GtCO2-eq. Soit un tonnage 11 à 13 fois plus important que le premier scénario. Le résultat est même meilleur que l'objectif affiché pour 2012 de 2 GtCO2-eq par an lors de la signature du protocole de Kyoto. Objectif qui risque de ne pas être atteint puisqu'un certain nombre de pays comme les Etats-Unis n'ont pas ratifié l'accord international.

Ces résultats s'expliquent par le fait que les principaux Saco sont également des gaz à effet de serre, à l'instar du bromure de méthyl qui a un pouvoir de réchauffement (GWP) 5 fois supérieur au CO2 (2), au CFC-11 (GWP de 4.680) et au CFC-12 (GWP de 10.720).

Pourtant, la partie n'était pas gagnée. Pour substituer les CFC comme gaz réfrigérants, l'industrie a eu recours aux hydrochlorofluorocarbures (HCFC) et surtout aux hydrofluorocarbones (HFC), de puissants gaz à effet de serre qui font partie de la liste des 6 substances concernées par le protocole de Kyoto, signé en 1997. Mais le recours aux HFC est évalué, pour 2010, à 0,9 GtCO2-eq.



(1) De l'Agence de l'évaluation environnementale des Pays-Bas, l'Agence américaine de protection de l'environnement (EPA), l'Administration de l'océan et de l'atmosphère nationale (NOAA) et Dupont Fluoroproducts

(2) Chiffres de l'EPA




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