Réchauffement climatique: des effets variables selon l’infection alimentaire

Le 04 avril 2012 par Romain Loury
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Adieu, le steack hâché cru ?
Adieu, le steack hâché cru ?

Le réchauffement climatique va favoriser tous les pathogènes alimentaires, mais plus Cryptosporidium et Campylobacter que Listeria, selon une étude menée pour le compte du Centre européen pour la prévention et le contrôle des maladies (ECDC).

Sécheresse accrue au sud, précipitations en hausse dans le nord, hivers plus doux, étés plus chauds… voila pour les effets (déjà) visibles du réchauffement en Europe. La santé humaine pourrait s’en ressentir: les agents infectieux se répliquent mieux lorsque les températures s’élèvent. Quant au traitement des eaux, il deviendra un véritable défi lorsque les pluies se feront plus fréquentes, plus violentes.

C’est avec Campylobacter, Cryptosporidium et les salmonelles que cette évolution sera la plus critique, révèle une équipe de l’Institut d’hygiène et de santé publique de Bonn (Allemagne). Selon leur analyse de la littérature scientifique -741 études publiées entre 2000 et 2009-, les pathogènes, selon leur nature (virus, bactéries, champignons, parasites), sont plus ou moins influencés par la température et les précipitations.

Les conséquences sanitaires seront particulièrement fortes avec Campylobacter et Salmonella. Pour le premier, la croissance sera aussi bien poussée par la température (air, eau) que par le volume et la violence des précipitations. Quant à Salmonella, seule la température de l’air sera cruciale.

Cryptosporidium et les vibrions non cholériques sont moins à craindre, en raison de leur moindre fréquence. Reste que l’influence du climat sera encore plus forte sur eux: volume et violence des pluies pour le premier, température de l’eau –notamment du littoral marin- pour les seconds.

Le risque est plus lointain pour Listeria et les norovirus, menaces «intermédiaires» pour la santé publique: «Leur lien avec les déterminants climatiques semble être relativement faible», observent les chercheurs.

Note d’optimisme, «une bonne politique de prévention et un contrôle efficace des aliments» devraient permettre de contrebalancer cette meilleure réplication des pathogènes. Selon les derniers chiffres européens, les salmonelloses sont en recul depuis plusieurs années. A l’inverse des campylobactérioses, en hausse de 7% entre 2009 et 2010.



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