Réchauffement: 2020-2024, chaud devant

Le 09 juillet 2020 par Romain Loury
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Dans l'Arctique, un réchauffement deux fois plus rapide
Dans l'Arctique, un réchauffement deux fois plus rapide

Le seuil de +1,5°C se rapproche: selon les prévisions 2020-2024 publiées mercredi 8 juillet par l’Organisation météorologique mondiale (OMM), il est très probable qu’il soit dépassé au cours d’un ou plusieurs mois, voire sur une année entière.

Limiter le réchauffement nettement en-dessous de +2°C, voire de +1,5°C, par rapport à l’ère préindustrielle: cinq ans après l’Accord de Paris, cet objectif est-il déjà voué à l’obsolescence? Alors que la planète baigne dans une température mondiale moyenne de 1°C supérieure à celle de 1850-1900, ce bulletin annuel de l’OMM, réalisé sous l’égide du Met Office britannique, révèle que le réchauffement sera «très probablement» de +0,91 °C à 1,59 °C au cours des cinq prochaines années.

Le risque de dépasser le seuil de 1,5 °C pendant un à plusieurs mois atteint 70% au cours des prochaines années. Pire, le risque de le franchir sur une année entière est loin d’être négligeable: 24%. «Cette probabilité augmente au fil du temps», indique même l’OMM. Il est en revanche peu probable que le seuil soit dépassé sur l’ensemble des cinq années, avec un risque de seulement 3%. A l’exception de zones océaniques australes, la hausse sera observée dans toutes les régions du monde.

Forts vents d’ouest sur l’Europe

Quant aux précipitations, dont les prévisions sont d’un moindre niveau de confiance que la température, les experts prédisent seulement une plus grande humidité aux latitudes élevées et dans le Sahel, mais des conditions plus sèches dans le nord et l’est de l’Amérique du Sud. L’Europe de l’ouest sera plus fréquemment touchée par de violentes tempêtes, en raison d’une hausse des anomalies de pression atmosphérique au niveau moyen de la mer.

Point important, les experts n’ont pas tenu compte des changements d’émissions intervenus du fait du confinement. Selon eux, l’effet sera toutefois très faible, du moins pour les gaz à effet de serre. Ils prévoient toutefois une très légère hausse de la température mondiale (moins de 0,1°C), en raison de moindres émissions d’aérosols.