Réchauffement: 1 espèce sur 6 en danger

Le 04 mai 2015 par Romain Loury
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Les amphibiens, parmi les plus menacés
Les amphibiens, parmi les plus menacés

Jusqu’à 16% des espèces animales pourraient disparaître du fait du réchauffement climatique, selon une étude publiée dans la revue Science. Premières zones touchées, l’Amérique du Sud et l’Océanie, qui regorge d’espèces endémiques.

«En 1981, James Hansen et ses collègues [climatologues à la NASA, ndlr] prédisaient que le signal du changement climatique mondial émergerait bientôt du bruit de fond. Trente ans plus tard, nous sommes sur le point d’atteindre le même seuil quant aux effets du changement climatique sur la biodiversité», craint Mark Urban, biologiste à l’université du Connecticut.

Assez peu réjouissante, son analyse, portant sur 131 publications scientifiques, est l’une des premières études à dresser un panorama mondial de l’impact du réchauffement sur le taux d’extinction des espèces animales. Selon les divers travaux menés à ce jour, les équipes avaient trouvé, en fonction des endroits et des espèces, des taux d’extinction allant de 0% à 54%.

Pour Mark Urban, le taux d’espèces animales vouées à disparaître du fait du réchauffement se situerait autour de 7,9% au niveau mondial, mais pourrait s’élever à 16% avec le scénario «business as usual», le RCP8.5 du Giec [1] qui prévoit une hausse de 4,3°C entre l'ère pré-industrielle et 2100. Avec une hausse restreinte à 2°C, «que la plupart des experts pensent désormais hors d’atteinte», l’érosion serait de 5,2%. Pour une augmentation de 3°C, elle serait de 8,5%.

Une espèce sud-américaine sur 4

Frappée de plein fouet, l’Amérique du sud pourrait voir 23% de ses espèces disparaître, devant l’Australie et la Nouvelle-Zélande (14% chacune), ces régions disposant de nombreuses espèces endémiques. Pour l’Europe, le taux d’extinction serait de 6%, pour l’Amérique du nord de 5%. Partout, l’effet sur la biodiversité devrait s’accélérer avec la hausse du mercure.

Si ces chiffres n’ont rien d’improbable, il est difficile de restreindre le risque d’extinction d’une espèce à sa simple vulnérabilité à la température, indépendamment d’autres facteurs environnementaux, estime Janneke Hille Ris Lambers, biologiste à l’université de l’Etat de Washington (Seattle), dans un éditorial. Entre autres incertitudes, l’éventuelle adaptation et/ou évolution des comportements  des espèces, l’effet d’autres perturbations environnementales (dont les espèces invasives) ou encore l’impact des interactions entre espèces -qui pourrait aussi bien tempérer ou aggraver l’effet du réchauffement.

Toujours dans Science, une autre étude, menée à l’université de Californie à Berkeley, s’est penchée sur le risque d’extinction des espèces marines. Approche originale, les chercheurs ont étudié les fossiles prélevés sur les 23 derniers millions d’années, déterminant les zones et les groupes d’espèces les plus vulnérables. Conclusion: ce sont les mers tropicales qui pourraient le plus souffrir du réchauffement et autres nuisances liées à l’activité humaine.

[1] Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat



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