Reboiser n’aiderait pas à lutter contre le réchauffement climatique

Le 20 juin 2011 par Geneviève De Lacour
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Les Nations unies ont bien du mal à prouver le rôle joué par la préservation des forêts dans la lutte contre le réchauffement climatique. Et l’étude menée par deux scientifiques canadiens, publiée le 19 juin dans la revue Nature Geoscience, ne va pas aider à la démonstration.

Selon Vivek Arora et Alvaro Montenegro, des universités de Victoria (Colombie britannique) et de St. Francis Xavier (Nouvelle-Ecosse), les projets de reboisement n'auraient qu'un impact très limité sur le changement climatique.

Pour arriver à cette conclusion, les deux canadiens ont modélisé 5 scénarios de reboisement sur 50 ans, de 2011 à 2060. Puis ils ont examiné les effets sur la terre, l'eau et l'air d’une augmentation de 3 degrés de la température à la surface de la terre d'ici 2100, en comparant ces températures aux niveaux préindustriels de 1850. Ils ont employé, selon leurs propres termes, un «scénario extrême».

Ainsi, selon les deux scientifiques, même en reboisant toutes les terres cultivées du monde, le réchauffement ne serait réduit que de 0,45° d'ici 2081-2100.
 
Ceci s'explique notamment par le fait qu'il faut des décennies aux forêts pour être suffisamment mûres pour capter le CO2 qui stagne durant des siècles dans l'atmosphère. Un reboisement de l'ordre de 50% des terres cultivées n'entraînerait une réduction de la hausse de la température que de 0,25°. D'après les trois autres scénarios, un reboisement des zones tropicales est trois fois plus efficace pour «éviter le réchauffement» que dans des latitudes plus élevées et des régions tempérées.
Un phénomène qui peut aussi s'expliquer par le fait que les forêts tropicales sont particulièrement efficaces pour refroidir leur environnement puisqu’elles augmentent le taux d’évaporation. Quant aux forêts situées plus au nord, elles sont plus sombres et absorbent donc plus de lumière que les terres cultivées. En planter au lieu de laisser les terres recouvertes de neige ou plantées de céréales de couleurs claires diminue l'effet dit «albédo», qui réfléchit l'énergie solaire vers l'espace.
 
Aucun des scénarios étudiés n'est évidemment réaliste, dans la mesure où les terres cultivées sont cruciales pour nourrir la planète qui devrait abriter 9 milliards d'individus en 2050. Vivek Arora considère qu’au niveau mondial, seules 10 à 15% des terres cultivées pourraient être reboisées.
 
«Le reboisement en soi n'est pas un problème, il est positif mais nos conclusions indiquent qu'il n'est pas un outil pour maîtriser la température si on émet des gaz à effet de serre comme on le fait actuellement», a déclaré Alvaro Montenegro à l'AFP. «Reboiser ne peut pas se substituer à la réduction des émissions de gaz à effet de serre», affirme l'étude. La déforestation, principalement dans les forêts tropicales, est à l'origine de 10 à 20% des émissions de gaz à effet de serre.
 


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