Reach: un coût surévalué?

Le 27 avril 2005 par Ludivine Hamy
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
chemie
chemie

Le 27 avril, un rapport réalisé par KPMG, sur commande de la Fédération européenne de l’industrie chimique (Cefic), du patronat européen (Unice) et la Commission européenne, a été présenté à un groupe de hauts responsables européens, parmi lesquels Günter Verheugen, commissaire aux entreprises et à l’industrie. Cette étude démontre que le coût de Reach a été largement surestimé par l’industrie chimique.

L'étude, qui a porté sur 152 substances utilisées dans quatre secteurs (électronique, automobile, emballages souples et produits inorganiques), conclut que l'industrie chimique sera en mesure d'absorber ou de répercuter les coûts d'enregistrement, à l'exception de certaines PME. Pour les producteurs de substances (pigments et additifs dans les cas étudiés), le surcoût « serait de 6 à 20% » en fonction du degré de coopération entre entreprises pour partager les frais sur un même produit.

Cependant, le rapport souligne que ces coûts « peuvent être amortis sur plusieurs années » et répartis sur toute la filière, jusqu'aux fabricants de peinture par exemple. Ceux-ci pourraient avoir plus de mal à répercuter le coût vers l'utilisateur final, comme l'industrie automobile, qui cherche à réduire le coût de ses sous-traitants. Ils pourraient toutefois le faire lors du lancement de nouveaux produits. Selon KPMG, cette dilution progressive devrait limiter l'impact final sur la rentabilité des utilisateurs finaux. Si le dossier fait l'objet d'un intense lobbying de l'industrie chimique, qui en dénonce le coût excessif, la Commission n'évalue le coût de Reach qu'à 2,3 milliards d'euros sur onze ans, soit 0,05% du chiffre d'affaires annuel du secteur de la chimie.

Selon l'Union des Industries Chimiques (UIC), l'étude de KPMG «apporte une contribution intéressante même si elle reste partielle.» Regrettant qu'elle ne se soit concentrée que sur 4 secteurs d'activités, l'UIC continue de maintenir la nécessité de certains changements pour « rendre Reach efficace et praticable par tous les acteurs, en particulier les PME.» L'UIC souhaite notamment que le champ d'application de Reach soit clairement défini afin d'éviter tout chevauchement avec d'autres réglementations. Les industriels demandent également que les exigences de la future législation en matière de tests soient proportionnées aux risques et non aux seules quantités, et que l'acquisition de toute donnée complémentaire soit justifiée par la démarche d'évaluation des risques. Enfin, exigence de taille: l'agence européenne des produits chimiques devrait gérer l'ensemble du processus, notamment la procédure d'évaluation.




A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus