Reach pourrait coûter 6 fois plus cher que prévu

Le 28 août 2009 par Sabine Casalonga
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L’application de Reach, le règlement européen sur les produits chimiques, pourrait coûter 9,5 milliards d’euros et entraîner la mort de 54 millions de cobayes sur les 10 prochaines années, selon les calculs de Thomas Hartung, directeur du centre pour les méthodes alternatives aux tests chez l’animal de l’université Johns Hopkins (Etats-Unis) et de Costanza Rovida, chimiste et consultante privée (Italie) (1). Les estimations antérieures, dont la plus récente date de 2004, avaient évalué ces coûts entre 1,6 à 2 milliards d’€ et 2,6 millions d’animaux.

Entre temps, ce sont 143.000 substances, au lieu des 29.000 initialement prévues, qui ont été pré-enregistrées par l’Agence européenne des produits chimiques (Echa) en décembre 2008. Au final, les auteurs estiment qu’entre 68.000 et 101.000 substances vendues en Europe à plus d’une tonne par an devront être évaluées dans le cadre de Reach. Leur analyse a évalué le coût nécessaire pour tester la toxicité de 68.000 substances. Parmi les autres facteurs ayant contribué à augmenter les coûts de Reach figurent des modifications de la législation finale ainsi que l’élargissement de l’UE à 27 Etats membres. A l’inverse, le développement des méthodes alternatives ou de l’accès aux données des industriels permettraient de réduire ces coûts.

D’après leur étude, 90% des cobayes et 70% des coûts de Reach sont utilisés par les tests de toxicité pour la reproduction, qui nécessitent deux générations de deux espèces animales distinctes. Dans un article publié le 26 août dans Nature (2), les auteurs appellent au moratoire de ces tests jusqu’à la validation d’une méthode alternative; sinon, il faudrait les limiter aux substances les plus suspectes et leur allouer un délai supplémentaire.

«En tant que toxicologue, je soutiens les objectifs de Reach (…). Pourtant, je crains que nous ayons sous-évalué l’immensité du défi qu’il représente. Investir dans les méthodes alternatives est un besoin urgent», explique Thomas Hartung. La réflexion devrait se poursuivre lors du 7e congrès mondial sur les méthodes alternatives qui aura lieu du 30 août au 3 septembre à Rome.

(1) «Re-Evaluation of Animal Numbers and Costs for In Vivo Tests to Accomplish REACH Legislation Requirements for Chemicals – a Report by the Transatlantic Think Tank for Toxicology» Rovida C. et Hartung T., Altex n°26, p.1-22 (septembre 2009)
(2) «Chemical regulators have overreached», Rovida C. et Hartung T., Nature, vol. 460, p. 1080-1081 (26 août 2009)


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