REACH: les premiers perturbateurs endocriniens

Le 17 février 2017 par Romain Loury
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Les phtalates mieux cernés par REACH
Les phtalates mieux cernés par REACH
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Quatre phtalates ont été inclus jeudi 16 février sur la liste des substances extrêmement préoccupantes (SVHC) du règlement REACH, en raison de leur caractère perturbateur endocrinien. Une première dans l’Union européenne.

Utilisés comme plastifiants dans de nombreux produits du quotidien, le DEHP, le DIBP, le DBP et le BBP sont déjà d’usage très limité dans l’UE. En raison de leur caractère reprotoxique, ils sont inscrits sur la liste d’autorisation: tout fabricant souhaitant les utiliser doit en faire la demande à la Commission européenne, lui soumettant une évaluation des risques spécifique du produit visé.

En plus de leur reprotoxicité avérée, ces quatre substances viennent d’être officiellement reconnus comme perturbateurs endocriniens, avec leur inscription en tant que tels sur la liste SVHC. Ce qui ouvre la voie à une inscription sur la liste d’autorisation, désormais en tant que perturbateurs endocriniens.

Le Danemark à la manœuvre

C’est le Danemark qui en a fait la demande, la soumettant jeudi 16 février au vote (positif) des experts des Etats membres. «Avec le résultat de ce vote, il pourrait être plus difficile pour les fabricants européens d’être autorisés à utiliser ces phtalates dans leurs produits», explique l’Agence danoise de protection de l’environnement dans un communiqué publié jeudi.

«C’est la première fois que le système européen REACH reconnaît officiellement des substances chimiques comme extrêmement préoccupantes en raison de leur caractère perturbateur endocrinien. La prochaine grande étape consistera à rejeter l’idée fausse selon laquelle il serait possible d’établir des valeurs seuils d’innocuité pour ces produits», commente Lisette van Vliet, chargée du dossier produits chimiques à l’association HEAL (Health and Environment Alliance).

Vers une interdiction totale?

L’agence danoise veut aller plus loin: «le Danemark travaille en collaboration avec l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) pour une proposition d’interdiction complète des phtalates dans les produits avec lesquels les consommateurs sont en contact –également ans les produits importés dans l’UE».

Pionnier en la matière, le Danemark avait annoncé en août 2012 sa volonté d’interdire ces quatre phtalates. Il avait dû y renoncer en juillet 2014, sous la pression de la Commission européenne, qui lui avait signifié qu’une telle démarche était contraire aux règles de l’UE.

En avril 2016, la Commission a autorisé trois entreprises à recycler du plastique contenant du DEHP, inscrit sur la liste d’autorisation (en tant que reprotoxique) depuis février 2015. Un feu vert contesté par l’ONG britannique ClientEarth, qui, en l’absence de réponse positive de Bruxelles, s’est décidée à saisir la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE). C’est la première fois qu’une association poursuivra la Commission au sujet de l’autorisation d’une substance chimique. 



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