RASFF: coup de mou ou aliments plus sûrs?

Le 19 juin 2013 par Romain Loury
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Les notifications relatives à des résidus de pesticides ne cessent d’augmenter depuis 2009.
Les notifications relatives à des résidus de pesticides ne cessent d’augmenter depuis 2009.
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Le Système européen d’alerte rapide pour les denrées alimentaires et les aliments pour animaux (RASFF) a pour la première fois connu une baisse des notifications en 2012, révèle son rapport annuel publié le 10 juin. Avec 8.797 notifications enregistrées en 2012, le RASFF a enregistré cette année-là une baisse de 3,9% par rapport à 2011, voire de 7,8% pour les notifications originales, et parmi ces dernières, de 14,7% pour les alertes. Difficile d’en comprendre les raisons à la lecture de ce nouveau rapport annuel…

 

Premier indice, le nombre de notifications complémentaires -celles émanant d’Etats membres en réponse à la notification originale du pays ayant identifié le problème- n’a baissé que de 1,2%. Pour la Commission européenne, c’est bien la preuve que «le RASFF est utilisé de manière toujours plus intensive dans le suivi des problèmes». Resterait donc l’hypothèse d’une alimentation plus sûre… pas si évident, car tout dépend du type de risque alimentaire.

 

Selon le rapport, le nombre de notifications liées à la présence de substances allergènes a ainsi connu une légère baisse, ainsi que celles liées à la présence de mycotoxines. A l’inverse, les notifications relatives à des résidus de pesticides ne cessent d’augmenter depuis 2009, avec une hausse de 22,9% entre 2011 et 2012. Quant aux alertes liées à des micro-organismes pathogènes, elles sont passées de 150 à 162 (+8%) dans le même temps.

 

La France est à l’origine de 275 notifications en 2012, contre 199 en 2011. Ce qui ne signifie pas pour autant que les produits incriminés proviennent de son territoire: 90 notifications du RASFF en 2012 concernent des produits français, contre 122 en 2011. Loin du trio de tête (Chine, Inde, Turquie), les produits français ont donné lieu à moins de notifications que ceux provenant des Etats-Unis, d’Allemagne, d’Italie ou d’Espagne.

 

Le RASFF devrait prochainement être chargé d’une nouvelle tâche, celle de la surveillance des fraudes alimentaires, «phénomène émergent» selon la Commission européenne. Une décision prise suite à la récente affaire de la viande de cheval, mais également en réponse à un scandale d’alcool frelaté survenu en septembre 2012 en République tchèque, à l’origine de 36 décès.

 

Lancé en 1979, le RASFF regroupe l’ensemble des 27 pays de l’UE -la Croatie y adhérera lors de son entrée dans l’UE, le 1er juillet-, ainsi que le Liechtenstein, la Norvège et l’Islande. Depuis 2009, la Suisse y figure en tant que «membre partiel», sur le seul volet des denrées d’origine animale.

 

 



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